Et nous jugerons les anges

Madame est assise au banc de la nuit.
Les peintures au ciel lui empêchent de voir la lumière.
Elle observe son Père qui l’a nourrie de ses saints :
Il gît empaillé, tout triste et chétif,
C’est un oiseau aux ailes de bois.

Ailleurs,
Dans son costume de petit diablotin,
Un ange s’endort sous la branche d’un arbre.
Il n’a plus vraiment faim ;
On lui en a coupé l’envie.
Et ses yeux crèmes, saignants,
Fouettés par l’horizon,
Ils se sont perdus au ciel.
Madame est assise au pied de sa vie.
Sur sa misère,
Une pie se goinfre de sa miette de pain.
Il fait chaud,
La nuit est lourde,
Et personne ne lui répond.
Ailleurs,
Le vent grignote une poignée de rêves.
Ils ont les yeux jolis d’un sourire lorsqu’ils s’envolent.
Ces rêves rouges,
Ils ont pleuré un peu :
On ne leur avait pas dit.
Le pauvre diable à l’ombre de son arbre,
Aux mains rougies du sang des innocents :
On ne lui avait pas dit.
Madame est assise au bord de la pluie.
La mort au ciel défie ses genoux de prier.
Elle observe son Fils qu’elle a nourri de son sein :
Il gît encordé, tout triste et chétif,
C’est un oiseau aux ailes de vent.
juin 2009

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