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Entre deux mers

(Deux embouchures (minou, en breton) et, au milieu, la terre :
L’origine du monde est double ; sa fin est intérieure.)

 

La Méditerranée se faufile dans le fourbis des hommes
Scrom, avalée, par le canal et ses écluses affamées

 

Pendant que l’automne tricote écharpes et mitaines
A l’ombre éparse des platanes
Le soleil paresseux pique un somme

 

C’est ici le pays des colosses érodés
Des hommes aux yeux bruns
Pétris de vestiges du soleil
Et sales comme propres
Savonnés à la terre
Il y a dans le canal tous leurs secrets

 

Tout est mou ramolli, c’est tiède et s’emmêle comme une vieille soupe
Faune et flore, oui, et confettis de mariage, pantoufle de petite fille
Ragondins et pacotilles, cannes de marche, oreillers
Tout est ici comme dans un grenier
Sans compter ce qui coule
Bouteilles des gens heureux, bouteilles des gens en colère
Bêtes, insectes, oiseaux et poissons entourbillonnés dans le même siphon

 

Au bout et après mille estomacs
Les lèvres de l’Atlantique réconfortent de ce calvaire

 

Il y a
Entre deux mères
Tout un paquet de saloperies
Et des hommes et des femmes apaisés par le bruit de l’eau

 

Il y a moi
Hiver et été
Qui fais des châteaux de fable avec les greniers des gens
Qui les érige bien durs et bien denses
Puis les regarde descendre
Mes radeaux qui valsedinguent vers l’océan
Comme des ceintures de chasteté
septembre 2010

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