La Ville usurée

Je me suis alors mis à dériver
Sans pain
Sans rien pour les canards et les crocodiles
Sur les eaux embouteillées de la Garonne
Pretty like drugs
A la recherche d’une île

Avec le couchant tout le fleuve s’est éteint
S’est enfoui sous les draps
Sous le reflet des ponts
Il n’en est resté qu’une Toulouse atone
Et le printemps qui fond la neige sur ton nom
La ville encore sucrée agite les fous
Et le froid
Quel est ce climat si lunaire ?
Le froid réveille les cannibales partout
Ils veulent mes yeux
Ma sueur
Mon suaire
Je dois gravement saigner pour les attirer
Ces hères qui meurent de faim
Meurent de foi
Toutes ces étoiles amoureuses de toi
Ça pleure de bave sur leurs langues tirées
J’ai laissé l’eau remorquer tous mes souvenirs
Les briquettes blanches
Les violettes grises
Les fontaines les ruelles les églises
Les jardins et les bancs
J’ai tout vu s’embrumir
T’as emporté avec tes lèvres le rose
Ils t’appellent l’Absente
Toute la ville
Ils ont au cœur un nœud bleuté d’ecchymoses
La famine au menton
La haine virile
Toulouse est morte
Elle fuit vers les océans
C’est un mercredi matin que tu l’as quittée
J’ai déjà oublié la fougue du printemps
Paris lointain a le goût des matins d’été
2010

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