Le son des détectives

Derrière la porte de sa cellule
Cellule qui est toute une porte
Mais est aussi quatre murs où il dessine des portes
Toque, rugit
Carillonne le silence
Et il s’invente la pluie
Car ce matin devant chez lui quelqu’un est morte         

Sa fenêtre est blanche et longue comme le miroir des Arnolfini
Mais sa fenêtre est avant tout quatre murs
Et ses rideaux
Qui hier étaient des draps
Sont aujourd’hui des paupières de statue endormie
Et il s’invente le bruit
Car ce matin son cœur s’est tu

Et la pluie a tout balayé
Et le bruit a tout parcouru

Le geôlier tape encore et encore à la porte
Aux fenêtres et aux murs
Il apporte le repas qui est froid
Mais le prisonnier n’entend rien
Il n’a pas faim
Il est déjà évadé
Et
Sur les murs de sa cellule enchantée
Il s’invente l’amour
Ce qui la nuit
Sans aller plus loin que les murs
Fait le bruit ailé de deux anges emmurés dans un pigeonnier

 

février 2011

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