Clément / fragment 22

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Il y a du sable dans leurs violons
Et des mots désuets
Sous les touches de leurs accordéons
Des mots des images et des sons
Qui semblent fragiles
Et pourtant ne le sont

Fanfare dans un bar lundi soir

Il y a les souvenirs de mondes imaginés
Une fausse nostalgie
Les joies de mon passé sur les joies des leurs
Les tristesses d’un drogué dépressif
A tous les siècles
Et par tous les donjons

Fanfare lancinante valse ou mazurka

Majestueuse parade nuptiale
Sans promesse de sexe
Sans promesse de rien
Des couples bousculent les tables
Avec leurs jambes et leurs fesses
Et au milieu s’illumine
Leur élégant tourbillon
Le va-et-vient d’un sourire
D’une bouche à une autre

Fanfare à réveiller les morts et les vivants

Au bar les têtes se relèvent
Et d’un geste n’importe lequel
Rejettent en arrière les ombres de leur visage
Dévoilant les mêmes pommettes
Coupées sans précaution
Qui durcissaient le visage d’Alexandre
Et qui sont quelques-uns des traits
Caractéristiques des hommes de la terre et du vent

Fanfare jusqu’au fin fond de nos secrets

Ensuite il me faut courir
Attraper le dernier tramway
Par la fenêtre contempler les lumières qui volent
Toutes les fugaces constellations des appartements

Se laisser porter dans une cabine blanche
Sans bruit
Sans ombre
Et se promettre de revenir un jour
Dans une vie ou deux
Quand je serai danseur !
Et un oiseau de terre

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