Souvenirs du néant

j’ai enterré notre dernier baiser au fond du jardin
à côté du premier
dans la terre douce comme de la farine d’os
la terre pétrie ou secouée par les hurlements
avec mes vieux jouets pour les protéger

j’ai dormi tout le jour
j’ai dormi à l’intérieur du rêve
moi dans la chambre sans ombre ni lumière
la chambre
aux volets rabattus sur un jour sans fin

l’invariable nourriture des morts
café-clope
café-clope
la lune n’a aucun goût
sourire clac-clac

juré pissé craché
rien n’a poussé
et la cicatrice au ventre du ciel
a déjà disparu

sous les draps fous
qui me hantent ou que je hante
je suis maintenant le seul à croire
que nous avons un jour existé au même moment

ils disent sourire clac-clac
café-clope
ton nom comme si je l’entendais pour la première fois
ton nouveau nom sans moi
comment leur dire
si je suis seul à croire

nos vestiges de cités englouties
nos merveilles de statues
nos cieux et nos propres nuages
comment y croire
si je suis seul à croire

14 juillet 2015

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