…/pierre

493.
Dans les tréfonds des pages au css douteux, rien ne meurt. Partout dans le monde, dans des bâtiments sinistres et discrets, des serveurs par milliers, immenses et tuyautés comme des masques à gaz, soufflent la vie artificielle et empêchent les gens de mourir.

375.
Ce sont les objets qui disparaissent les premiers.
On se réveille dans une chambre vide, avec juste un lit, un smartphone ou une tablette, et peut-être même qu’il n’y a plus de fenêtre ni de porte… pourtant rien n’a changé.
La vie paraît plus simple, moins encombrée par le superflu.
Ensuite des tas d’autres choses disparaissent, jusqu’aux êtres humains, mais toujours rien n’a changé, et la vie paraît plus légère encore.
Le monde paisiblement se vide.
Je me sauvegarde dans sa dernière mémoire. Tant pis.

217.
Je crois que je marche vers toi comme je rembobine le fil de toutes mes vies ratées.

145.
Ai passé la nuit sur le profil de S… Ai épluché toutes ses photos, même celles que j’avais déjà vues, c’est-à-dire toutes ses photos, à l’exception de celle qu’elle venait tout juste de poster.
Comme à chaque fois, la vie m’y paraissait lointaine. Ma vie.
Et qui étaient ces gens avec toi qui avaient tous l’air d’être si bêtes ?
T’ai vu au lycée, au collège, à la mer, au tir à l’arc, à la piscine, à l’anniversaire de ta cousine, au carnaval de l’école primaire.
Me suis rappelé toute la vie sans toi.
La fragilité du moment où se croisent les vies, entre deux abîmes.

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