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#41 – A l’aube des jours

1

où sont les matins joyeux
que tu fredonnais du bout des pieds
lorsque les choses étaient encore légères
et que le vent d’une paresse féline
s’y blottissait sans heurt
dans un imperceptible carillon

et la fine lumière de tes cils
la lumière rase
lumière sueur
de chaque objet
le petit lait du jour nouveau
je le buvais comme l’enfant dans le berceau
m’observe de ses grands yeux d’oiseau

et l’horizon entrouvert
à la foudre des folies
à la coïncidence des vents
à tout ce que l’on perd

et le cœur tout petit
qui menait tendrement les feuilles jusqu’à la tombe
la chaleur de l’hiver
et les bourgeons
ô le jour percé de myrtilles
quand nous vivions de la cueillette

2

sur le chemin qui n’est plus
qu’un champ de visages
chacun de mes pas est une statue jetée à terre

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