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#67 – Le vent de la nuit

Ce matin encore, je reste ici, au bord de la vie, d’où je peux voir sans être touché, en ce lieu étrange telle une pierre précieuse, tout à la fois dur et léger, tout à la fois étroit et infini, bâti de miroirs que l’on peut traverser. Ton nom est celui d’une étoile où l’on vit seul : sommeil, et l’on dit que même en toi la mort est douce. Oh l’on dit, il est mort pendant son sommeil, quelle chance, voilà bien la plus douce des morts.
Je reste ici, auprès des êtres fragiles que le moindre bruit effrite. Pour ne pas les voir disparaître, là où la nuit les retient lorsque je disparais, je déplace sans faiblir un cierge sur chacun de leurs visages. Les mille faces de la pierre (pierre-cage et pierre-horizon) les font paraître, d’un passage de la flamme à l’autre, métamorphes.
Je suis au centre, et donc invisible, j’ai oublié ce qu’était la matière, et voilà pourquoi je connais la paix. Même alors que je tends les bras devant moi, mes bras ne m’apparaissent pas. Le geste est seul.

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