S5000851

#70 – Ce qui affaisse nos corps et tire nos peaux

Il est des jours où le passé semble plus lourd que d’autres, plus lourd car il s’enfonce toujours dans la terre meuble, plus lourd car plus immobile. Ses gestes ne débordent plus, ne voyagent plus de mes mains à vos mains.
Comment faire travailler les muscles d’un malade dans un lit d’hôpital, lorsque le moindre mouvement est un déchirement de soi-même ? Nous ne sommes pas, dans le temps, extensibles. La mort nous fige où nous sommes, et ce que nous pouvons arracher à ce cadavre n’est que mensonge.
Immobilisme, répétition, et voilà, il a respiré tout l’air de son monde. Son souffle est maintenant si léger que les moineaux s’y posent, et enfin, dans son lit, il te regarde à peine.

A découvrir aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.