bourgeon

Âpnée / fragment 35

Où le vent a tissé des cercueils dans les arbres et les roches
Le vent n’est plus
Il reste ce qui vit sans mouvement sans battement
Nourri de sa propre lèvre embrassé par le vide
L’air évidé du soleil et des astres-fleurs
L’absence fractalisée en un large cristal de cendres
Une couronne de sel des océans fondus les dents molles
Les enfants de la chair morte des abîmes
Voilà la terre
Et ce qu’il reste des objets formes ambitions hauteurs
Hantée par nous
Entre nous
Antenous

Sentinelles fragrances de la mort sans portes sans rien
Font les spectres du champ de guerre
Du chant d’amour réduit au silence des tombes
C’est ta bouche réduite à son fond et à ses entrailles
Les garde-odeurs se moquent
Piqués soumis dans la terre immobile marbre et sable
Se moquent et rient du même chagrin du même monstre
Du même ventre qui nous unit

Où les dernières respirations du monde les ceintures d’oxygène
Ta bouche caverne dort
D’émeraudes et d’or
Charbon lumineux moteur de l’ellipse et des circonvolutions
De la mer et du ciel
Ta bouche seule rayonne
Soleil et vide
Dans le désert où rien ne bouge
Que les tremblements de ma voix qui grattent l’espace
De ton nom

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