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Âpnée / fragment 38

Pour la préserver du jour, quelqu’un a bâti quatre murs et un toit autour du matelas. Pourtant toutes les nuits, Juliette laisse la porte de la cabane ouverte, afin que les bêtes nocturnes puissent venir se réfugier avec elle. Elle ne la referme que le matin, lorsque le soleil miaule et s’étend sur les lattes du palier, tandis que dans la forêt, les bêtes du feu se mettent déjà à crépiter, oiseaux pique-tête, insectes organisés, mammifères en rut.
Essai, Juliette balaie le plancher craquant de la nuit asséchée.
Mais la fièvre lui reprend très vite. Sans avoir rien mangé, sans avoir rien bu, elle se recouche, et si elle maigrit à vue d’œil, ses cicatrices, elles, demeurent inchangées, et même se rapprochent doucement les unes des autres, comme les éclats d’un mercure éparpillé retournent toujours au premier cercle.

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