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Âpnée / fragment 47

Et lorsque je retrouve un peu de souffle, tu te meurs et appelle à l’aide. Je suis encore mouillée du précédent naufrage. Le soleil en ce pays est rare, et je pense, comme le cancéreux rallume une cigarette, foutue pour foutue, pourquoi ne pas y retourner ?
Alors je plonge et aussitôt tu disparais. Je n’aperçois plus tes bras secouer les vagues ni ta voix crier ce nom que les trompes des coquillages ont altéré pour en faire le mien. Je sombre et nous mourrons toutes deux. Rien ne nous réunit que ma faculté à croire.
Ensuite peut-être, je regagnerai le rivage, affaiblie encore, j’aurai le temps d’un souffle et aussitôt la nuit éclairera de nouveau ton naufrage. Un jour de mer d’huile, je m’y noierai.

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