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Âpnée / fragment 48

Tôt le matin, sur les toits couverts de cendres grises, les oiseaux dorment encore, gelés comme des gargouilles, mais ne protègent rien. Lorsqu’enfin le soleil vient frapper dessus, usant de la plus lourde des masses, la glace sur leur plumage ne se brise pas. Les oiseaux restent là, tout le jour et la nuit, immobiles. Les ombres et les lumières les parcourent tour à tour, mais rien ne les réveille plus. C’est de leur cœur, qui autrefois était aussi véloce que celui d’un colibri, que désormais les cristaux se répandent, comme un souffle de paix. Je le sais. Je les observe chaque matin, tandis qu’imbécile je nourris le mien de lait et de sucre pour le réchauffer de la nuit où il vagabonde, tel un chat qui s’ignore et ignore son destin, à la recherche de ce qu’il ne trouve pas. Un matin triste, il ne reviendra pas, ne toquera pas à la fenêtre en miaulant, et je ne verrai plus le spectacle des oiseaux immobiles. Les toits seront vides.

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