Âpnée / fragment 53

j’aurai voulu fumer des grammes et des grammes jusqu’à m’endormir comme tous les après-midi et me réveiller au crépuscule, dormir absolument partout où la lumière me révèle la vie, fermer les yeux, dormir, ne plus voir ce qui existe, ne pas rêver non plus, se réveiller, fumer des grammes et des grammes, prétendre à la mort la plus lâche, mais j’arrête, pour aujourd’hui j’arrête (oh la tricheuse, elle boit de la bière en disant cela), pour les prochaines heures j’arrête, tant que je reste ici, tant que je reste enfermée, tant que j’ignore le revendeur deux portes plus loin sur le palier, vert marron blanc, il dit, et quand tu veux, tu frappes et t’envoies un message. Je devrais supprimer son numéro de téléphone et je devrais même déménager, genre dans la forêt, genre dans la montagne, genre loin des supermarchés qui vendent de l’alcool à 1 euro le litre, genre loin de chaque banc et chaque croisement de rue. Enfin… tant que je reste enfermée, tout ira bien, et avec encore un peu de chance, le chien mangera la clé.

Fragment suivant

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.