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Âpnée / fragment 59

Je n’avance pas.
De l’amour que je te porte, je ne retire presque rien, si ce n’est quelques malheureux poèmes patinés de sucre et qui n’ont de goût que le temps de les tourner deux fois sous la langue.
Si j’avance, ce n’est qu’à l’intérieur de moi-même, tel un serpent se mordant la queue, encore et encore, tour après tour ; je deviens un ouroboros de plusieurs épaisseurs et il fait ici de plus en plus sombre et puant.
Tu n’es pas le noyau. Tu es une étoile lointaine (et par définition, morte). Soyons honnête, toutes mes mues qu’aucune bouche ne rejette, toutes mes peaux qui se frictionnent le hurlent, je te hais.

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