IMG_5078

Âpnée / fragment 66

mes seins s’écrasent
sur le rivage
de tes roches humides
et tendres d’île ancienne
il y avait la pierre ici avant
qu’aucune main animale
n’avait jamais caressée

tes raideurs me serrent
tu fumes en silence et je creuse la fumée
je demande
combien de temps dormirons-nous encore ?
mais tu ne réponds toujours pas, tu regardes la mer et l’horizon, ou ce que tu crois être la mer et l’horizon mais qui ne sont en réalité que des murs (ou quelque chose comme des murs, je ne sais plus, j’ai oublié, j’ai un foulard sur les yeux, un foulard aux couleurs de la reine sans peuple, rouge et blanc), tu fumes, et évidemment tu es belle quand tu fumes,
la fumée se perd dans tes longs cheveux art nouveau
puis tu te crispes et me ligotes

si tu poses sur mes yeux la paume de ta main
comme une poule mignonne
je m’endors

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.