CIément / fragment 2

Les jours suivants, je n’arrive pas à dormir. Dès lors que le soleil disparaît derrière la haie de sapins Leyland, des traînées de poudre s’enflamment le long de mon dos et y dessinent ou y écrivent quelque chose, encore et encore ; les mêmes formes se répètent et désespèrent d’hurler. Mais la douleur est trop forte : je n’arrive pas à comprendre.

Il est 23h04 et je tente de taire les pulsations du sang en jetant des cailloux dans le fleuve. Il est 23h04 et je n’ai plus 14 ans, Sel n’est plus à mes côtés et j’ai oublié comment faire un barrage dans l’eau.

Alors
je noie le sang dans le sang
et le fleuve se teinte d’une nappe de sève
où je dors enfin
comme d’autres diraient
je me noie

(ici l’écorce piétinée
par l’alcool des plaies
ne
repousse
plus)

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