CIément / fragment 22

En sortant du travail, je passe chez Lidl et j’achète des beignets aux fraises à 29cts, environ 4 ou 5. J’en mange un dans la voiture, les autres chez moi, faisant le tour du jardin pour voir ce qui a poussé pendant mon absence (les choses, presque toutes les choses, ne poussent que pendant l’absence). Ensuite, j’effrite un joli monticule d’herbe et de hash que je vapote mélangés durant trente minutes environ. Je m’enfonce dans le canapé et aussitôt me relève pour me servir un verre de vin, rouge ou rosé, ou un verre de pastis (1 volume de pastis pour 5 volumes d’eau du robinet, 3 gros glaçons ou 4 petits dans un verre de 50 cl), ou une bière rose Rince Cochon, ou une bière Leffe rouge, ou Leffe classique, ou une Lindeman framboise, ou Pêcheresse, ou cassis, ou pomme, ou Kriek, ou Faro, ou une Despe Mojito, ou une Edelweiss citron fleur de sureau, ou une 8.6 Absinthe, ou un rhum banane, rhum litchi, rhum lait-framboise, rhum raisin, rhum orange-vanille, n’importe quoi, en vrai je m’en fiche. Après ça, j’ouvre le frigo toutes les dix minutes et j’y attrape et mange tout ce qui n’ a pas besoin d’être cuit. Parfois, je retourne au supermarché juste avant qu’il ne ferme, j’achète des pâtisseries et je refais le stock de vin et de bière. Puis je rentre, je fume, je bois, je mange. Tu me manques tellement.
Plus le temps passe sans toi, plus je deviens affreuse… à ton cœur, je ne suis pas absente.
Je pousse à l’intérieur.
Tu me retrouveras bientôt toute fripée.
La peau au fond du noyau.

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