CIément / fragment 27

365 jours de Sel, calendrier à détacher, extraits

9 –
Sel,
Sans rire, il n’y a aucune caméra planquée dans ta chambre.
Si tout va bien, nous sommes le 9 janvier. La neige, s’il y en avait, a fondu. Dans tous les cas, ouvre la paume de ta main, celle qui a recueilli hier le présent de l’oiseau, désormais quelque chose s’y blottit. C’est un œuf. Observe-le un instant, il ne va pas tarder à éclore. Un oiseau en sortira, il poussera un cri en ta direction, jusqu’au plus profond de tes yeux. En voici le résumé : tu es belle*
(*autre variante : le monde est beau).

10 –
Sel,
Aujourd’hui, une jeune femme que tu n’as jamais rencontrée te croisera dans la rue, te saluera et te demandera une cigarette. Il s’agit en réalité d’une muse. Offre-lui une cigarette, elle te l’échangera contre un bout de papier en forme de cigarette. Tu le déplieras et découvriras à l’intérieur un long poème écrit dans une langue étrangère et encore inconnue aux êtres humains du 21ème siècle. Cela commence ainsi : « deaze fuughi kivinra… », et qui pourrait se traduire par : « Ainsi, entre eux, si loin et si proches, le soleil ne se couchait jamais, et toujours l’un rêvait de l’autre et l’autre de l’un, et ceci plusieurs siècles durant, si bien qu’avant de faire perdre la tête au Ciel tout entier, du Soleil aux Constellations, nous décidâmes de leur offrir un ciel juste à eux, un soleil juste à eux et une constellation juste à eux, sur une planète très petite, assez petite pour que jamais l’un ne perde l’autre de vue, et où le jour et la nuit pourraient tourner de la façon dont ils l’entendraient… »

11 –
Sel,
S’il pleut ce matin, c’est à cause de moi. J’ai rêve de toi et mon sexe était recouvert de rosée, débordant de rosée. Le soleil s’est levé et j’ai entrevu le rayon qui se dépose chez toi chaque matin. Je me suis rappelé tes yeux. Puis le soleil m’a rappelé.

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