Bruit, bruit

J’ai présenté cette nouvelle au 61ème concours du forum des Jeunes écrivains. Les thèmes étaient les suivants : Rock’n’roll / Paléonthologie / Errance. Deux contraintes non-obligatoires étaient également de la partie mais je ne les ai pas utilisées : la nouvelle s’arrête au milieu d’une phrase / tous les noms communs sont féminins.

J’ai choisi le thème « rock’n’roll » et je me suis lamentablement vautré puisque j’ai terminé 8ème sur 10. La plupart des lecteurs n’ayant pas compris la fin de ma nouvelle, j’ai auto-tapoté mon épaule pour me réconforter, les ai traités d’invulnérables béotiens et me suis promis d’écrire un pur OLNI au prochain concours.

 

1.
D’une soirée totalement foirée survenue l’année de mes quatorze ans jusqu’à aujourd’hui, ou pour l’instant disons jusqu’à hier, je connais la musique de chaque jour passé, je connais ses instruments, sa gamme et son tempo exact.
Je n’ai pas de pouvoir spécial, je suis seulement une personne qui aime prendre des notes, faire des listes, ranger les jours dans des cases et les ranger par trois ou par quatre. Par exemple, la musique du 10 février 2007 est un riff de métal des années 90 sur des basses ultra-saturées et correspond à une très mauvaise journée. Niveau météo, il y a eu quelques averses le matin puis vers midi le ciel s’est dégagé et jusqu’au crépuscule le soleil n’a cessé de briller.
Mais pour arriver à une telle précision, je n’entasse pas des piles de journaux intimes sous mon lit : je nanograve, j’archive les jours à même le corps, le soir avant d’aller dormir.
J’ai commencé du nombril et j’ai continué tout autour en spirale, une entaille chaque soir, la musique encore chaude et vibrante sous ma peau.
Lorsque je fais tourner mon doigt sur mes cicatrices, la musique vibre tout à l’intérieur de moi. Elle tait ce qui ne peut être tu.
Ce qui devrait être tu.
Malheureusement en l’état, ce n’est pas écoutable plus de deux minutes, alors voilà ce que je fais le jour quand j’erre dans les rues et les e-rues, je cherche la femme aux doigts de saphir, celle qui saura me jouer sans s’évanouir.

2.
Aujourd’hui sur internet j’ai rencontré une fille prénommée Veloutine. Le courant passe plutôt bien entre nous. Elle aime les chats, la couleur jaune et faire des balades en vélo, ce qui semble ne pas pouvoir cacher de maladie mentale éventuelle. De plus, même si les quatre photos de sa page sont toutes prises dans la même position visage trois-quart, elle est très jolie sur chacune d’entre elles.
Très vite, nous nous mettons d’accord pour nous retrouver dans un bar de la rue des trouvères, 19h le lendemain, avec interdiction d’arriver avec des fleurs ou des chocolats.

La veille au soir, inlassablement je poursuis ma spirale, je grave le jour avec une minutie d’horlogère.
Cette longue cicatrice est le trajet de ma propre planète dans le néant galactique, mais pour l’instant, à la fin de la musique, comme un disque, le bras tombe et il n’y a plus de musique.
Mais il faut savoir que je suis comme la Terre de forme patatoïde, et que donc comme elle, il doit m’être permis de tourner à l’infini autour d’une étoile ou l’inverse. La femme aux doigts de saphir.
Ce soir et après cicatrisation, l’entaille devrait diffuser un smooth rock alternatif un peu jazzy.

Je suis à l’avance au rendez-vous ; toujours. Je préfère être déjà installée lorsque Veloutine arrivera. Je ne tiens pas à marcher entre les tables pendant plusieurs secondes, le regard de Veloutine sur moi, des nœuds dans les jambes, mes longs bras pendus bêtement le long de mon corps et des mouches folles dans les yeux. Veloutine fera ça très bien, elle, j’en suis sûre.
Un serveur me salue et me fait signe de m’installer où je veux. Je cherche en priorité une table près des fenêtres, et une table avec un menu musical qui plaira à Veloutine.
J’opte pour une ambiance emo dark, et en attendant que le serveur revienne pour prendre ma commande, je joue un peu avec les boutons de la table tactile pour régler la musique. Je retire la caisse claire sur la batterie, je baisse de trois tonalités la ligne de basse et je sature au maximum le riff principal, c’est-à-dire plus ou moins les mêmes trucs que je fais à chaque fois lorsque je prends un verre dans un bar de selfmix. Enfin, je tourne aléatoirement quelques boutons d’effets, et lorsque la musique d’ambiance me paraît satisfaisante, je valide le mix. Le panneau de contrôle disparaît de la table tactile et une texture « bois de chêne » le remplace. Le serveur apparaît derrière mon épaule : « Bonjour ! Sympa la musique ! Qu’est-ce que je vous sers, mademoiselle ? » Je regarde l’heure à ma montre : « Deux tequilas coriandre, s’il vous plaît. » Le serveur enregistre ma commande : « C’est noté, je vous amène ça de suite ! »
Les verres et Veloutine arrivent au même instant. Je n’ose pas parler devant le serveur et finalement je me retrouve debout avec mes grands bras idiots pendus le long de mon corps à attendre qu’il ait fini de placer sur la table les tequilas et les dessous de verre.
Je décide qu’il n’aura pas de pourboire.
Je m’avance vers Veloutine pour lui faire la bise et je ne sais pas si c’est mon cœur empatamodelé ou l’odeur de son cou, mais je suis déjà prête à relever mes manches pour lui faire écouter le bruit de mon sang.
Nous nous asseyons.

Je la crois d’abord trop timide pour parler, mais lorsqu’elle commence à émettre des petits cris d’otarie et à gesticuler les bras dans tous les sens, je comprends que Vampirine est en réalité sourde-muette. Et cette révélation confirme un peu plus ce que je pensais : elle est ma plus parfaite complice. Avec ses bras qui poudrent l’invisible comme ceux d’une cheffe d’orchestre, elle offrira le rythme qui manque à ma musique, et pour cela je lui offrirai les vibrations qui éclaireront sa gorge d’un torrent d’oiseaux.
Nous buvons trois tournées de tequilas. Un deux trois nous rions. Un deux trois nous dansons. Un deux nous sommes partis.

Veloutine habite à quelques pâtés d’immeubles de là.
Je la suis volontiers.
En courant s’il le faut.
Je veux être nue tout contre elle, enclencher nos mécanismes, appuyer sur le bouton, faire tonner la musiquer.

3.
L’appartement se situe dans une barre affreuse des années 60 mais se révèle à l’intérieur extrêmement moderne et cosy. Veloutine m’installe sur le canapé et me fait signe de ne pas bouger. J’ignore s’il faut que je me prépare à quelque chose de spécial, par exemple, au cas où, devrais-je m’attacher les cheveux ?
Je m’enfonce dans le canapé en tissu gris anthracite.
Ennuyée, j’observe le plafonnier, en fait un assemblage de vieilles trompettes tordues puis soudées ensemble et repeintes dans un noir très mat. La lumière jaillit de la bouche des instruments sans qu’aucune ampoule ne soit visible. Je m’ennuie.
Il y a une table basse en verre fumé, rien dessus, pas même des traces de doigts et surtout pas des traces de pied. Il y a une plante verte qui est peut-être fausse. Il y a un bonsaï qui est peut-être faux. Il y a une table à manger en fer forgé et posé dessus une corbeille de fruits qui sont peut-être faux. Il y a quatre chaises en fer forgé et… Veloutine est revenue, grand sourire, double sourire, dans sa main gauche mon verre, merci merci, et dans sa main droite son verre, qu’elle garde dans sa jolie main droite. Nous trinquons : « à l’amour ! », je dis, car après cette gorgée j’espère embrasser Veloutine, car mes yeux ne comprennent rien à ses doigts et je veux l’entendre parler, je veux comprendre sa langue.
Mais très vite le sourire de Veloutine devient tout tordu comme les trompettes du plafond et je ne sais plus trop si je l’embrasse ou quoi que ce soit de génial dans le genre.

Évidemment que je ferme les yeux quand j’embrasse quelqu’un, mais là, quand je les ouvre, ce n’est plus Veloutine que je vois. Il y a des airs pourtant, et peut-être que j’ai excessivement bu car je me sens vraiment toute retournée, alors je dis « coucou Veloutine, je suis encore fatiguée, alors je vais encore dormir », et je ferme les yeux, même si en réalité je fais semblant de fermer les yeux car mes yeux ne sont pas derrière à dormir dans le cerveau, ils sont juste au contact des paupières et ils perçoivent les grands mouvements extérieurs. Mais Veloutine, qui est peut-être fausse, répond : « Allez, on se réveille ! », Veloutine ne parle plus comme une otarie et mes paupières sont sûrement trop épaisses car je ne vois pas arriver la gifle de Veloutine qui n’est définitivement pas Veloutine. « Qui êtes-vous ? » J’hésite entre fuir ou rendre sa gifle à cette petite conne mais je ne fais rien car mes bras et mes jambes sont ligotées. « Par où ça commence ? demande la petite conne. » Je m’aperçois que je suis nue comme les plateaux de Nazca sous l’aviatrice et que celle-ci ne comprend rien au sens de mes glyphes. « Demande à Veloutine, je persifle, vile béotienne. » Je n’arrive pas à tourner la tête et de toute façon j’ai trop mal à la tête, mais je sais que Veloutine n’est pas loin, ma traîtresse, pourquoi ? « Pourquoi je suis là ? Pourquoi faites-vous ça ? » Discussion ou négociation, la petite conne répond : « J’ai entendu parler de ton travail… et je voulais te proposer une collaboration… J’ai besoin de ta peau. Un ami à moi va arriver, un médecin reconnu, et il va collecter ce petit chef d’œuvre. Mais je dois savoir par où commence le morceau. Montre-moi s’il te plaît. » Je n’accepte pas les termes du contrat, mais sans autre issue je dis, en baissant les yeux sur mon nombril : « Ça commence par là… Tu veux écouter ? »

Elle veut, bien sûr qu’elle veut, et elle avance son doigt très lentement comme si elle s’apprêtait à toucher un animal sauvage ou un pénis pour la première fois.
Son doigt enfin se pose sur ma première cicatrice, au bord du volcan que l’on nomme nombril, son doigt qui déjà me brûle le ventre et qui est loin si loin de la douceur du saphir. Il n’ose bouger. Je sourie, j’essaye de sourire et de ne pas montrer la douleur du feu en moi, et enfin le doigt avance… Les yeux de la petite conne se révulsent et elle crache une gerbe de salive et de sang et s’effondre raide sur le sol. Veloutine réapparaît enfin dans mon champ de vision. « Elle n’est pas morte, je dis pour la rassurer. Elle a pris un ticket pour la fosse d’un concert de harsh noise alors qu’elle pensait venir à une nocturne d’André Rieu, du coup elle a fait un malaise. Maintenant détache-moi Veloutine, s’il te plaît, avant qu’elle retrouve ses esprits. » Mais Veloutine est toute agitée sur le faux cadavre de sa sœur et c’est à peine si elle m’écoute.
Tant pis tant pis, je me débrouille seule, je suis habituée à me débattre avec mon propre corps. Aussi simple que bonjour : je frotte le cœur au noyau et la croûte à l’exosphère jusqu’à faire trembler le volcan. Je tombe de la chaise. Je danse du fast-rock épileptique et ma peau violemment jouée contre le sol émet de puissantes explosions d’acouphènes qui brisent tour à tour vitres, vases et vaisselles. Je me roule dans les débris de verre comme sous une pluie de violons hurlants et parviens non sans quelques écorchures de plus à me défaire de mes liens.
Je saisis Veloutine au poignet.
« Lève-toi et partons ! »
Mais Veloutine refuse toujours de bouger. Elle émet de petits spasmes  : « thu… lhas… thuhée… thuhée. Helh nh rhespihre phus. »
Possible peut-être, je ne sais pas. Au pire, je ne crois pas devoir me sentir responsable de quoi que ce soit. Ce n’est pas moi qui voulais l’écorcher vive. « Elle va se réveiller plus tard, allez, viens maintenant ! »
Mais soudain la sonnerie de la porte retentit. Une voix dit : « C’est moi ! Tu ouvres ou quoi ? »
Sur un guéridon posté près de l’entrée, j’attrape une statuette de petit chien en marbre. Je suis toujours nue comme les plateaux de Nazca. J’ouvre la porte. L’homme faible se pétrifie aussitôt. Ses yeux bloqués sur mes tétons font les mouches folles et j’ai le temps de viser à peu près où je veux ; par précaution, je choisis de l’assommer au crâne. L’homme faible s’écroule, le visage béat.
Mais dans mon dos Veloutine a totalement perdu la raison. Elle me fonce dessus, les yeux embués de rage. Je la stoppe net dans un revers de petit chien en marbre et à son tour elle s’écroule au sol.

Je saisis les mollets du docteur pour tirer son corps à l’intérieur de l’appartement. Une vilaine trace de sang griffe le sol et je ne perdrai pas grand-chose en pariant que le docteur est 100 % mort. De son côté, Veloutine est en piteux état, mais le coup a été porté plus bas. Sur elle, je ne parierai rien, mais j’en profite pour essayer l’un de ses doigts sur mon corps, juste un frôlement, là sur ma cuisse, sur un sillon encore frais qui ne réveillera pas toutes les alarmes des voitures alentour. Je pose toute frémissante le doigt de saphir sur la piste, et l’instant d’un quart de seconde, trente milles watts de basse réduisent à l’état de sable tout le verre, toute la céramique, toutes les boiseries et jusqu’au petit chien en marbre. L’instant d’un quart de seconde, je jouis un million de fois. Ah Veloutine, jolie Veloutine…

Je me ressaisis rapidement.
La serviette du docteur, vintage, en cuir très sombre, est absolument ravissante. Je l’ouvre et diverses lames se mettent à scintiller merveilleusement l’une après l’autre comme les rayons d’un soleil express. Je choisis la plus grosse, le rayon de midi, et je me demande s’il va réussir à réveiller Veloutine.
J’étale son bras contre le sol et je pose la scie là où son joli poignet est le plus menu. Veloutine ne se réveille pas.

J’emballe la main dans du cellophane, et après m’être rhabillée et nettoyée à l’alcool à 90, je quitte l’appartement au pas de course.
Je descends dans la première bouche de métro.
Allongés près des machines à tickets, deux chiens se réveillent à mon passage, ils veulent une gourmandise. J’accélère.
Je m’engouffre dans le wagon. Je reste debout. J’attends mon arrêt.

0.
La musique est derrière la porte.
Il referme la porte. J’entends son souffle, j’entends sa langue.
Je ferme les yeux.
Ses mains parcourent mon corps.
Je ne ferme pas le corps/j’ignore comment fermer le corps.
Je ferme les yeux. Je fredonne l’affreuse musique qui résonne derrière les murs.
Dans le noir, j’essaye de ne pas tomber, c’est-à-dire ne pas faire tomber ce qu’il reste de moi… La plus petite fille.

La dernière matrioshka est-elle suffisamment cachée ?

La peau des êtres humains ne changent pas comme celle des serpents. Les êtres humains ne font aucune mue. Pour l’instant, c’est scientifiquement impossible.

La peau est le premier endroit où l’enfant écrit, parfois simplement en appuyant avec son doigt très fort pour laisser une marque et la regarder disparaître, parfois avec des feutres et là ça finit souvent en punition.

Se faire des bleus c’est rigolo, on les regarde tourner vert et jaune, c’est toujours un peu la même chose mais toujours différent.

Se faire des bobos, c’est pas grave, même les gros bobos. Après ça donne de grosses croûtes, et c’est toujours génial de les arracher pour découvrir, dessous, la peau toute immaculée d’un bébé encore recouvert de placenta.

Il y a des gens qui sont immunisés contre les orties. Ils attrapent des orties à la main et rien ne se passe. C’est un phénomène étrange.

Po est le Télétubbies rouge avec un cercle au-dessus de la tête.

4.
Maintenant je suis ici, c’est-à-dire de retour chez moi, mais pas vraiment de retour au présent, parce que je m’apprête à poser la main aux doigts de saphir sur les premières notes de mon nombril.
Je me tiens ici comme un roc solide et toi tu roules ton saphir autour de moi.
Là je parle à Veloutine qui est morte.
Je suis prête, je dis.
Ton saphir descend dans le canyon.
Je suis prête, je répète.
Le rock’n’roll vaincra la peste !
Le rock’n’roll vaincra l’eczéma et le psoriasis !
Le saphir commence à rayonner.
Alléluia mothas fuckas !

Les premières notes réduisent à néant tous les meubles, réduisent à néant toute la maison, tout le quartier… des cendres partout… je n’y vois plus rien, je n’entends plus rien que la musique, ma musique, réduisant à néant les immeubles à l’horizon, les arbres à l’horizon et les montagnes et les mers derrière l’horizon.
Je n’y vois plus rien, je n’entends plus rien que la musique, et bientôt, je sens que moi-même je m’effrite. Alors qu’il ne reste du monde plus rien que cendres et poussières, à mon tour je m’effrite lentement, de l’intérieur vers l’extérieur, du nombril vers le silence.
Les dernières notes sont épiques, à des millénaires de celles que j’avais sculptées.
C’est merveilleux tout ce bruit.
Je souris, et enfin, je disparais.

1.
Non sans rire, ce matin quelqu’un frappe à la porte de ma chambre et j’ai pas le temps de réaliser ou quoi que ce soit que la personne est déjà rentrée et commence à secouer le lit genre alcoolo perdu qui cherche un endroit où dormir. J’hurle pour appeler au secours. « T’as fait un cauchemar ma chérie ? » La voix la plus douce du monde. « Il faut se lever. Ça fait cinq minutes que je t’appelle. » Oh s’il te plaît, parle encore, parle, laisse-moi croire plus longtemps que cette voix est réelle. « Allo, Ella, y a quelqu’un ? Tu nous fais quoi ce matin ? Toc, toc ! » J’ouvre les yeux plus grands et sans rire le soleil brille à la fenêtre et l’homme à la voix la plus douce du monde me regarde et me dit : « J’ai fait des crêpes, alors bouge-toi un peu. » Mais je sais qu’il n’a pas fait de crêpes, ce petit menteur de papa ! Je me jette à son cou et je dis : « j’en veux une au camembert ! » Il éclate de rire et il y a sa molaire en argent qui brille au fond de sa gorge. « D’accord d’accord, alors debout maintenant ! » Ah le menteur de crêpes !
Dès qu’il est sorti de ma chambre, je m’empresse de m’habiller. Je retrouve très vite mes affaires, mes pantoufles cachées sous le lit, mon peigne, mon bracelet, mes barrettes, je me réhabitue à la vitesse de la lumière.
Je descends l’escalier. Sur les murs, toutes les photos de famille que je connais par cœur et que je n’ai jamais vraiment regardées et que je ne regarde pas non plus aujourd’hui. Je descends au pas de course.
J’essaye de contenir ma joie mais c’est un coup à pleurer devant tout le monde alors je me contente de courir sur ma mère pour l’embrasser partout dans le cou. Mon frère et ma sœur éclatent de rire mais lorsque je commence à m’approcher d’eulx pour leur faire subir le même sort, iels se pétrifient : « Dégage Ella ! N’essaye même pas ! » J’éclate de rire. Non sans rire, j’éclate de rire et petit à petit tout le monde éclate de rire sans trop sans savoir ce qu’il se passe, moi comprise.

Aujourd’hui c’est mercredi, et sans rire mon père a pété un câble et nous a fait des crêpes et j’ai été obligée de manger une crêpe au camembert. Bien fait pour moi.
Après les cours cet après-midi, je vais à la chorale. Il y a un ami qui organise une fête à la même heure mais je n’irai pas. Et puis ma meilleure copine aussi va à la chorale, et on essaye de monter un duo vocal, alors il faut qu’on s’entraîne !

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