Âpnée / fragment 81

Il m’est arrivée ceci plusieurs fois
dormir paisiblement dans l’herbe tiède de l’été indien et être réveillée par une pluie soudaine
courir par le jardin en poussant de petits cris de joie et de stupeur
me réfugier derrière une fenêtre
observer ceci
la nuit s’horloger et par trois aiguilles d’argent indiquer l’ouest exact de mon regard
le silence de mon corps ne reflétant que mon corps
l’étranglement du verre
les oiseaux s’abreuver
aux lagons des îles révélées

Ensuite venait le sommeil toujours
le hurlement des chiens couvrant le bruit du camion-poubelle et le bruit du réveil-matin
Les dernières gouttes de pluie étaient restées en lévitation et une flore aérienne commençait à croître un peu partout dans les airs jusqu’en haut des nuages
A chaque réveil
j’ouvrais une rune sur mon bras pour libérer l’oiseau noir
Aux replis
les caillots de sang se couvraient d’écailles

Il pleuvait encore
et moi encore
je regardais trois fois la pluie

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