CIément / fragment 59

Le sel la nuit, 2ème chant accompagné d’un chœur

courir le silence et frôler
parfois frôler de mon ombre l’étoile
arracher la fleur sans odeur
la broyer, s’en parfumer
et retourner courir le silence

vapoter des mueslis et de la brioche dorée
courir et pisser du sang, découvrir
les parois du labyrinthe de verre
souffler le feu au dos de tes encres
et par toutes les bâtardises qui formeront ta forme
trahir le noir de la nuit

Toustes se moquèrent car Juliette avait mélangé les couleurs comme une maternelle. C’est moche, c’est du vert caca-d’oie. Tu voulais pas faire du vert caca-d’oie quand même ?
Honteuse et humiliée jusqu’au plus profond de son âme d’artiste, Juliette attrapa et ajouta à son dessin toutes les couleurs qui lui tombaient sous la main jusqu’à obtenir le plus dégoûtant des noirs.

le bâtard de toutes mes biles
et tant pis si je cours le silence
et tant pis si je m’oublie à te chercher

Il y avait autrefois dans la bouche de Juliette deux langues, et sa bouche était close. Inexistante. Le sourire, ses variantes et ses dérives n’avaient pas encore été inventées.

je suis bâtie de pièces vides, de chambres clouées par des poutres où il est interdit de rentrer
où le vent siffle bien sûr, ou ce qu’on appelle le vent, c’est-à-dire le vide qui s’agite

Et autour de ses doigts il y avait d’autres doigts, qui ensemble formaient un poing solide et léger à la fois, creux et mystérieux à l’intérieur.

mon poing si je le ferme
rien ne peut s’y blottir sans étouffer
que mon sexe cabossé mais fidèle

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