CIément / fragment 61

Cela fait trois jours que Marianne et moi marchons dans les arpentums de l’acolosse, sous le chat-grain parfois, moissant les vireines et laissant fondre leur doux-blanc sous la langue, trois jours à se tracer la peau, à oublier le monde, à oublier les choses, à manger des asters et boire des écailles jusqu’aux afflots. Vilevoler en silence tandis qu’inviles nous sonarisons et hurlons nos éluhans.
Marianne éblue par vant-et-vers et moi j’en déréduis, j’ous du premier mot, ous, qui est aussi la première lettre, et j’essaye de parler la langue de Petit-Bourg-les-Neiges.
Souvers les essantes, Marianne aousse et tubule. Mi j’enrâme ses esfiles, j’élause les ébouts et j’élause amo-hé chaque vat, mais éviée par siam et par scion, je filouche sur des barberins. À lou serré, en un dérivers inextrême, Marianne s’énissime et m’effouille dans les corches. Azurine ! j’ous casurin. Oussais-mi, Marianne ? Meta oussais-ti ? Marianne carrousse et se vélante : ulyssons ta carape pour que je te juliette, ça doucera le mimi de cerfant. Quasi at fitou azur.

L’espilion de restance en un saule se trinte. Neo oussons tou quarambe, halcinés, meta mi, meta fiols et lamités. Un celsior de rapille, ous Marianne, j’enquois des trémonds et neo cani la soulevante, destions.

L’estuaire tout de gorges percées se jette dans la confusion.
Les corps sont des flûtes. Les gens les habillent et les notes sont des cris.

Nous longeons l’autoroute par le no man’s land. J’improvise :
Ja parlo la languo da Sal qua sa canstroé sar la baso vacollequa « a-o-é ». Ta panso qua ç’a passobella? Marionné ?

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