Âpnée / fragment 97

la main ouverte sur des graines d’or
tu attends
comme l’amoureuse sur un quai de gare
le regard sur l’horloge
les oiseaux en retard

ils sont restés en haut de l’arbre
et tu as retourné ta main
face contre terre
et tu as vidé ta main
de ce qui, tu croyais, se trouvait dans ta main

tu es rentrée boire ton café
tu t’es assise près de la fenêtre
et tu as regardé les oiseaux ingrats
descendre des arbres
et picorer les graines
éparpillées dans l’herbe

tu as pleuré et encore tu t’es servie de tes mains
jusqu’à la boue
tes mains plus lourdes que les eaux vertes du vieux puits

toi qui ignores tout langage
pourquoi parles-tu
à ceux qui ignorent tout langage

ouvre plus encore ta bouche
jusqu’aux cataractes du second monde
et oublie sans crainte
tout ce qui ne vole pas
oublie les mots qui t’ont été adressée
et qui disaient
blablablablablablabla
et laisse tes mains sur le parvis

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