Archives de catégorie : Lectures

Index des lectures

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Adieu à ce qui vient • Pierre Cendors

Éditions Finitude, 2011

Mise en page 1C’est un très beau livre que voici, très beau en tant qu’objet, couverture et dos élégants, papier doux et épais à caresser, format ni trop grand ni trop poche. Mais au-delà de cet aspect purement matériel, entre ses pages délicates, ce roman nous promet Venise, la Sérénissime ! Combien de diamants s’illuminent alors dans mes yeux ! Je trépigne déjà à l’idée d’arpenter les ruelles étroites et les somptueux palaces. Ainsi donc lavons-nous les mains et ouvrons ce livre au plus vite !

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La jeune fille suppliciée sur une étagère, suivi de Le sourire des Pierres • Akira Yoshimura

Titres originaux : Shojo Kakei
Ishi no Bisho
Éditeur original : Shincho-sha, Tokyo, 1959 pour Shojo Kabei
1962 pour Ishi no Bisho

Actes Sud, 2002, pour la traduction française
Traduits du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle

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J’ai découvert Akira Yoshimura à travers son roman Naufrages, dont vous pourrez trouver la critique sur le site, et j’ai très vite été charmé par son écriture simple et évocatrice, dénuée de fioritures, ne s’encombrant de rien et allant vers l’essentiel pour le sublimer, tel un haïku renfermant à la fois si peu de mots et tant d’univers. Ainsi me fallait-il au plus vite lire une autre œuvre de cet auteur, ce qui introduisit un long cycle de littérature japonaise décrété par mes envies ; corpus comprenant une anthologie de nouvelles chez Gallimard, Confession d’un masque de Mishima, La pierre et le sabre de Yoshikawa et deux livres de Yoshimura (le deuxième étant Le convoi de l’eau, un merveilleux roman que je présenterai très bientôt).

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Sur les falaises de marbre • Ernst Jünger

Titre original : Auf den Marmorklippen
Éditeur original : Hanseatische Verlagsanstalt, Hambourg, 1939
Traduction française : Gallimard, 1943
Traduit par Henri Thomas

sur les falaises de marbre

L’histoire se situe au bord de la mer, en des terres paisibles verdies par les pâturages, dans un grand ermitage où le narrateur et son frère coulent des jours paisibles, entre lectures à la bibliothèque et contemplation de la nature. Pourtant, perchés en cet havre de paix, ils constatent chaque jour davantage la montée du Grand Forestier, figure en chef de la barbarie, et son avancée dévastatrice à travers le pays. Dès lors tenteront-ils de se défendre de cette invasion.

Conte allégorique dénonçant le nazisme selon certains, récit symbolique sur l’universelle barbarie selon d’autres, Sur les falaises de marbre fait parti de ces classiques froids et rigoureux qui nous impressionnent deux lignes et nous ennuient cent-cinquante pages. Mais cette froideur, cette rigueur, devons-nous en tenir compte, lorsqu’elles ne sont peut-être que d’habiles figures représentatives de la barbarie elle-même ? Soyons indulgents. Il est toujours possible de surinterpréter pour rattraper le coup !

Vous connaissez tous cette intraitable mélancolie qui s’empare de nous au souvenir des temps heureux. Ils se sont enfuis sans retour : quelque chose de plus impitoyable que l’espace nous tient éloignés d’eux. Et les images de la vie, en ce lointain reflet qu’elles nous laissent, se font plus attirantes encore. Nous pensons à elles comme au corps d’un amour défunt qui repose au creux de la tombe, et désormais nous hante, splendeur plus haute et plus pure, pareil à quelque mirage devant quoi nous frissonnons. Et sans nous lasser, dans nos rêves enfiévrés de désir, nous reprenons la quête tâtonnante, explorant de ce passé chaque détail, chaque pli. Et le sentiment nous vient alors que nous n’avons pas eu notre pleine mesure de vie et d’amour, mais ce que nous laissâmes échapper, nul repentir ne peut nous le rendre. Ô puissions-nous, d’un tel sentiment, tirer une leçon dont nous nous souviendrons à chaque instant de notre joie ! Plus doux encore est le souvenir des années que nous versa le ciel, si ce fut une soudaine épouvante qui les termina. Nous comprenons quel bonheur c’est déjà pour nous autres hommes, que de vivre au fil des jours en nos petites sociétés, sous un toit paisible, parmi les bonnes conversation, salués d’un bonjour te d’un bonsoir également tendres. Hélas, nous reconnaissons toujours trop tard que la fortune qui nous donnait ces choses nous ouvrait déjà ses trésors.

La vie l’amour la mort le vide et le vent • Roger Gilbert-Lecomte

Prairial, 2014

éditions des Cahiers libres (1933) pour La vie l’amour la mort le vide et le vent
éditions Sagesse (1938) pour Le miroir noir

La_vie_l_amour_la_mort_le_vide_et_le_vent

Le vent d’après
Le vent d’avant

Depuis jamais
Je sais toujours
Souvenir d’avenir après toute vie révolue
Prévision d’autrefois d’avant tout mouvement
Avant que soit
Le premier mouvement le vent
Pour quel crime immense inconnu
D’un juge qui n’est que moi-même
Ma condamnation au présent à perpétuité
Éternité

Depuis jamais
Je sais toujours
Prévoir me souvenir du vent qui vient de plus loin que la lune
Et les étoiles
Le vent de bêtes légion
Qui glisse de plus loin que l’humaine illusion de tout l’espace oblong
Le vent de bêtes et de griffes
Qui hurlent dans les caves du ciel
Déchirent des lambeaux de soie noire aux parois supérieures de l’éther
Le vent qui vient de plus loin que tout l’espace plein
Le granit d’un seul grain de granit
Granit sans grains
Le granit plein
Le vent qui vient de plus loin que l’éternelle limite
Où le marbre est perméable au tulle
Et les étoiles alvéoles perméables à l’éther dentelles
Le vent qui n’a jamais dépassé
L’ourlet croquant de mon oreille
Le vent qui n’a jamais pénétré sous mon crâne
Jamais fait résonner les grottes de mes tempes
Le vent qui secoue l’étendue onduleuse de tout
Mais le vent qui ne peut secouer moi le vide
Le trou d’absence dans le monde
Le défaut du cristal le crachat de l’émeraude
L’entonnoir le trou

Espace que détient mon corps statufié dans l’espace
Mon corps est le seul lieu où je ne me sais pas
Le seul lieu où je ne sois pas
Moi qui suis le vent d’avant tout mouvement
Le vent vivant après toute vie révolue
Le vent qui vient de plus loin que la forme oculaire de
l’infini de l’homme
Limite de souffrance la peau la seule opacité
Nuit du tambour increvable
Que les volcans du vent fassent éclater mon crâne
Retournez-moi comme un gant
Dévaginez-moi jetez-moi nu tout vif écorché à l’amour
souterrain de l’ombre de l’envers du monde

Arrachez la viande de mes joues
Pour que je voie enfin mon rire de mort

Le dernier monde • Céline Minard

Denoël, 2007

« Derrière ma baie les sons me parviennent assourdis, en dessous de ce qu’ils sont et je suis fatigué qu’on me filtre le monde. »

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   Le cosmonaute Jaume Roiq Stevens a refusé d’obéir à l’ordre d’évacuation de la station spatiale, et il erre maintenant dans l’espace, plus seul que jamais, menacé par un missile atomique s’il ne redescend pas au plus vite.

Mais bientôt, le sol cesse tout contact avec lui, et Stevens constate que des phénomènes étranges se produisent à la surface de la terre : « un énorme nuage s’est formé au sud de New-York. Je l’ai vu émerger lentement au-dessus des terres de l’État comme un nuage de lait dans un thé sombre et s’épanouir. Guerre atomique ? »

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Les Demeurées • Jeanne Benameur

Denoël (Gallimard), 2000

    Elles sont comme enfermées à demeure, mère et fille demeurées, dans cette petite maison d’objets utiles et de rangements pratiques, animées seulement de quelques gestes mécaniques, instinctifs. L’intérieur de leur tête est sombre, l’intérieur de leur tête est cousu d’étoiles filantes, mais c’est un ciel qu’elles partagent et que personne d’autre ne peut voir. Elles y sont bien, elles s’y tiennent chaud. Dehors, la vie passe et elles n’en savent rien.
La mère, on l’appelle la Varienne, ou encore l’idiote du village. La petite fille, c’est Luce. Elles partagent tout, chaque chose de la demeure, les murs à face unique, le lit. Mais ce cloisonnement ne peut durer éternellement. La petite Luce doit aller à l’école, c’est obligatoire, la stupidité n’est pas héréditaire, Mademoiselle Solange, l’institutrice du village ne peut le croire, ne veut le croire, et ainsi décide-t-elle de prendre en main la fillette. Un bouleversement qui va fragiliser l’harmonie brute qui les maintenait perpendiculaires. Tout va chanceler, la faille est ouverte, le marteau a frappé, là, il tremble encore, éducation !

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Les Demeurées • Jeanne Benameur

Les Chiens de l’enfer • Tom Spanbauer

Titre original : Faraway places
Éditeur original : Hawthorne Books, Etats-Unis, 1988
Gallimard, 1989, pour la traduction française
Traduit de l’anglais par Marie-Lise Marlière

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    Vieille boîte en ferraille pleine à craquer de photos et d’objets d’enfant, Les Chiens de l’enfer est le premier roman de Tom Spanbauer, et représente, par sa brièveté, la fureur de son écriture et la diversité de ses thèmes, une véritable introduction aux deux œuvres maîtresses qui suivront : L’homme qui tomba amoureux de la lune (1991) et Dans la ville des chasseurs solitaires (2001).

    L’histoire se déroule à la fin des années 50 aux États-Unis, dans une commune rurale de l’Idaho où la pauvreté et la ségrégation raciale ne cessent de croître – parallèlement, comme toujours – au fil des saisons et des mauvaises récoltes.
Le jeune Jacob raconte l’histoire, ce qu’il sait, c’est-à-dire pas grand-chose, des interdits surtout, et des péchés mortels au moins autant. Il raconte sa chambre, il raconte la rivière où il n’a pas le droit de se rendre, il raconte l’Indienne Sugar Babe et le nègre, il raconte Harold P. Endicott et ses chiens de l’enfer, il raconte la bannière étoilée qui flotte dans le ciel.
Tout est combat et confrontation, une violence extrême et sans filtre projetée directement de l’œil de l’enfant jusqu’au texte – éclaboussures de sang, de lait et de chocolat à chaque page. Le combat de la nature, symbole de toutes les possibilités et de toutes les infinies, avec la religion, complexe et austère ; le combat de l’enfant avec le père ; le combat de l’indien avec l’Amérique ; le combat de l’illusion avec la réalité…

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Les Chiens de l’enfer • Tom Spanbauer

Naufrages • Akira Yoshimura

Titre original : Hasen
Éditeur original : Chikuma Shobo, Tokyo, Japon, 1982
Actes Sud, 1999, pour la traduction française
Traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle

Il n’y a pas de commencement à cette histoire, et pour vous le prouver, cette histoire commence par l’enterrement d’un mort.
C’est un village isolé du monde, quelque part sur les côtes japonaises, où parfois les bouddhas acceptent d’envoyer un bateau en naufrage.
Tandis que les villageois gravissent le chemin de montagne pour rejoindre le cimetière où sera incinéré le mort, le jeune Isaku, 9 ans, entend une femme s’exclamer : « la montagne est devenue rouge ». C’est le signe : bientôt viendra le temps de la mer agitée, mais surtout le temps de ses promesses. Alors sur la plage toute la nuit, ils cuisent le sel. Ils essayent de tromper les navires en difficulté et ils prient pour qu’un naufrage se produise.
Mais aucun navire ne s’est plus échoué dans la baie depuis longtemps. Et pour ne pas laisser leur famille mourir de faim, les villageois se vendent à un intermédiaire du village voisin. Ils partent travailler ainsi, longtemps, dix ans parfois, sans laisser de nouvelles, et parfois reviennent, ou parfois ne reviennent pas.

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Naufrages • Akira Yoshimura

L’éléphant s’évapore • Haruki Murakami

Titre original : Zou no shoumetsu
Éditeur original : Kodansha, Tokyo, Japon, 1980-1991
Belfond, 2008, pour la traduction française
Traduit du japonais par Corinne Atlan

Après ma lecture de Kafka sur le rivage, il me semblait impossible d’arriver à lire un autre auteur avant plusieurs semaines. Heureusement, il traînait dans la bibliothèque familiale plusieurs autres ouvrages de Murakami. Dont celui-ci.

Écrits entre 1980 et 1991, ces dix-sept récits introduisent, vingt à trente ans plus tôt, certains des thèmes principaux qui seront développés dans Kafka sur le rivage (forcément au centre de ma critique, tel Jurassik Park dans les critiques cinémas de Karim Debbache).

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L’éléphant s’évapore • Haruki Murakami

Kafka sur le rivage • Haruki Murakami

Titre original : Umibe no Kafuka
Éditeur original : Shinchocha, Tokyo, Japon, 2003
Belfond, 2006, pour la traduction française
Traduit du japonais par Corinne Atlan

Kafka a quinze ans et aujourd’hui c’est son anniversaire. Le jour idéal pour s’enfuir de chez lui et échapper à la terrible prophétie que son père a prononcé contre lui : un jour, il tuera son père de ses mains, et il couchera avec sa mère et sa sœur. Destin d’Œdipe, sœur en bonus. En réalité, il est tout simplement temps pour Kafka de devenir un adulte, et pour cela, il va lui falloir s’endurcir et affronter de nombreuses épreuves symboliques et métaphysiques.
Heureusement, le Destin est là pour se charger de toute l’organisation, et afin de l’aider dans sa quête, a placé sur sa route quelques tendres et précieux alliés (d’ailleurs, il n’y a aucun rustre dans cette histoire ; les méchants sont bien élevés, et même ne sont pas méchants).

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Kafka sur le rivage • Haruki Murakami

Bartleby et compagnie • Enrique Vila-Matas

Titre original : Bartleby y compañia
Espagne, 2000
Christian Bourgois, 2002, pour la traduction française
Traduit de l’espagnol par Eric Beaumatin

Enrique Vila-Matas, deux ans avant Le Mal de Montano, présente ici une sorte de dictionnaire personnel et non-exhaustif du mal de Bartleby, le mal des écrivains qui un jour cessent d’écrire.

Bartleby, c’est un personnage créé par Helman Melville, dans une nouvelle éponyme parue pour la première fois en 1853 aux États-Unis dans le Putnam’s Monthly Magazine. Dans ce récit, Bartleby est engagé comme clerc de notaire dans une étude, mais au fil du temps se met à refuser certains travaux de son employeur, jusqu’à cesser entièrement de travailler. Une nouvelle qui inspirera de nombreuses théories sur l’antipouvoir, dont celle d’Enrique Vila-Matas.

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Bartleby et compagnie • Enrique Vila-Matas

Les Soldats de Salamine • Javier Cercas

Titre original : Soldados de Salamina
Éditeur original : Tusquets Editores, Barcelone, Espagne, 2001
Actes Sud, 2002, pour la traduction française.
Traduit de l’espagnol par Elisabeth Beyer et Aleksandar Grujićić
C’est l’histoire de Javier Cercas qui, comme à peu près tous les journalistes, aimerait écrire un livre. Et un bon, si possible. Il trouve son sujet dans l’écrivain Raphael Sánchez Mazas, l’un des fondateurs de la Phalange (mouvement politique d’Extrême droite), survivant au peloton d’exécution des troupes républicaines, sauvé par un jeune soldat pourtant ennemi. Il tente alors de retrouver les protagonistes de cette histoire enfouie depuis plus de soixante années et découvre ainsi, éclairant le passé afin de s’éclairer lui-même, le livre qu’il doit ou devait écrire.

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Les Soldats de Salamine • Javier Cercas

Profondeurs • Henning Mankell

Titre original : Djup
Éditeur original : Léopard Förlag, Stockholm, Suède, 2004
Janvier 2008, Éditions du Seuil, pour la traduction française.
Traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Je ne lis jamais la quatrième de couverture. Tout comme je ne lis jamais un avant-propos ou quoi que ce soit qui n’est pas signé de l’auteur avant d’avoir terminé le livre (et là seulement, si je ne suis toujours pas rassasié, je me jette sur ces dernières miettes). C’est du domaine du vulgaire, ça n’a aucun intérêt. Mais les aléas de la vie font parfois bouleverser les habitudes, et pour une raison que j’ai oubliée, je me suis retrouvé le nez dans la quatrième de couverture du livre, quand soudain, fin de paragraphe, révélation ultime : l’éditeur balance en deux mots la fin de l’histoire. Alors évidemment, je suis un peu désappointé, mais je sais aussi que ce qui compte vraiment, c’est le chemin et non l’arrivée, et puis l’éditeur, même s’il est vachement gonflé, doit bien savoir ce qu’il fait, alors je me laisse prendre au jeu, j’ai hâte, et vite, j’ouvre la première page, je m’engouffre sur le chemin…

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Profondeurs • Henning Mankell

La Ballade du Café Triste • Carson McCullers

Titre original : The Ballad of the sad cafe
États-Unis, 1943
Éditions Stock, 1974, pour la traduction française
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jacques Tournier

 

 
Ce qu’on ignore, lorsque comme moi on fait une croix sur la biographie d’un auteur pour mieux savourer, bandeau sur les yeux, la première bouchée de son œuvre, c’est que Carson McCullers n’est pas, comme son nom l’indique, un cow-boy aux bottes sales et au cœur amoureux. Loin de là. C’est celui d’une jeune femme de 26 ans que ses parents voulaient garçon, jeune femme qu’on s’imagine le visage fermé et les mains pudiques, pianotant sur une machine à écrire des notes douces et lugubres à la fois. Ancienne pianiste et petit génie déchu, trop grande pour le monde, Carson est une girafe dans un magasin de porcelaines – en partie déjà brisées. Mais Carson n’est pas là pour recoller les morceaux. Dans les débris, elle déblaie un chemin qui fait le tour de la pièce. Puis elle peut commencer l’écriture de sa nouvelle.

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La Ballade du Café Triste • Carson McCullers