Vingt-trois minutes

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35-45mn

Maria, c’était son nom, et il était d’autant plus charmant qu’elle n’avait aucune origine espagnole ni penchants catholiques.
Elle ne portait de boucles à l’oreille que ses cheveux pleins de courants d’air, qu’elle cachait en partie sous un torchon de cuisine mais d’où toujours dépassaient quelques mèches tendues comme des tire-bouchons.

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Vingt-trois minutes

Index des lectures

separateur korean

 

Musique du livre

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1. Silver mount Zion – Sit in the middle of three galoping dogs
2. Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp – Slide
3. Akalé Wubé – Mata
4. Eténèsh Wassié et le Tigre des Platanes – Bati
5. Alif tree – My Soul
6. Kyuss – Freedom run
7. Master Musicians of Bukkake – Schism Prism/Adamantos
8. Ufomammut – Stigma
9. Vista Chino – Dargona Dragona
10. The Desert Sessions – Teens of Thaïland
11. La Rue Kétanou – L’Ardoise
12. Chiens de paille – Comme un aimant
13. La Rumeur – Le Pire
14. Idéal J – Un Nuage de fumée
15. Portishead – Undenied
16. Portishead – Roads
17. Portishead – Wandering star
18. Portishead – Magic doors
19. Portishead – We carry on
20. Jozef Van Wissem & SQÜRL – Streets of Tangier
21. Yasmine Hamdan – Hal
22. Akalé Wubé – Kidus à cent dix
23. Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp – The sheep that said moo
24. Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp – Cranes fly
25. Hidden Orchestra – Dust
26. Portico Quartet – Clipper
27. Inti Illimani – El pueblo unido
28. Neil Young – Old Man
29. Nico & the Velvet Underground – Venus in furs
30. La Mal Coiffée – La ronda del morts
31. The Bulgarian national radio children’s choir – The mountain has overtuned
32. Nico & the Velvet Underground – Femme fatale
33. Crystal fighters – Follow
34. World’s end girlfriend – Ghost of a horse under the chandelier
35. Chelsea Wolfe – Virginia Woolf underwater
36. The Wytches – Gravedweller
37. In Zaire – Sun
38. Efren Lopez, Stelios Petrakis, Bijan Chemirani – A. A. A. A. A. A. A.
39. Eagles of death metal – Already died
40. Queens of the stone age – Skin on skin
41. Camille – Pâle septembre
42. Camille – Le Banquet
43. Alejandro Jodorowsky – Pantheon bar
44. Camille – La Demeure d’un ciel
45. Camille – Vertige
46. Camille – Le Berger
47. Queens of the stone age – Skin on skin
48. Swans – She loves us
49. Alejandro Jodorowsky – Tarrot will teach you / Burn your money
50. La Caution – Bâtards de barbare
51. Mai Lan – Gentiment je t’immole
52. Oxmo Puccino – Les jeunes du hall
53. Mahmoud Ahmed – Ambassel
54. Tesfa-Maryam Kidane – Heywete
55. Alamayehu Eshete – Addis Abeba Bete
56. Mulatu Astatke – Yegelle Tezeta
57. Tlahoun Gessesse – Lantchi Biye

[archives] Présentation du site (janvier-mai 2016)

Ami lecteur, bonjour !

    Ce site n’est pas seulement un refuge. Ce site est aussi l’étrange forêt qui entoure et protège le refuge. Un décor, détrompe-toi, très réaliste ! Fait de rêves coupés aux ciseaux, coupés longtemps, avec la minutie dont seul est capable l’enfant.

    Maintenant, et puisque tu es toujours là, suis-moi, allons jeter un œil aux poèmes au fond du jardin, ils ont toujours besoin d’être arrosés, ou alors saute dans ma poche, et je t’emmène en promenade en nouvelles. Et si tu veux rester plus longtemps, il me faudra te présenter Clément et les autres, eux aussi ils habitent cette cabane.

    J’espère que tu te plairas ici avec nous. Il y a d’autres livres dans la bibliothèque, si tu as besoin de te changer les idées, comme des feuillets de critiques, et d’autres petites choses qui traînent çà et là. Fais-toi plaisir, tu sais, tu n’as pas à ranger ou à nettoyer derrière toi ; ici tout se remet en place tout seul et pour une raison qui m’était jusque là mystérieuse, il n’y a absolument aucune trace de poussière. Et ça n’a rien à voir avec la magie. Ça a juste à voir avec toi, au fait de remuer les livres. Ou plus exactement au fait qu’à chaque fois que tu remues un livre, quelque part nous ne savons où, la poussière reprend sa forme d’origine.

    Hé, une dernière chose… Tu t’en es peut-être déjà aperçu mais les gens ici sont, comment dire… un peu sauvages. Lorsqu’ils parlent ils bégaient ; ils préfèrent ne pas parler. Ils écrivent seulement. Alors toi qui changes la poussière en objets, tu dois savoir que ce refuge n’est pas un lieu secret. Si tu as apprécié ta visite, tu peux ramener autant d’amis que tu veux la prochaine fois. Car inutile de compter sur le sentier au pied de la montagne ; il se referme à chaque nuit. (Et pour être averti des nouveautés (sans être inondé de banalités), tu peux aussi nous suivre sur twitter et facebook.)

    Bonne lecture !

Profondeurs • Henning Mankell

Titre original : Djup
Éditeur original : Léopard Förlag, Stockholm, Suède, 2004
Janvier 2008, Éditions du Seuil, pour la traduction française.
Traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Je ne lis jamais la quatrième de couverture. Tout comme je ne lis jamais un avant-propos ou quoi que ce soit qui n’est pas signé de l’auteur avant d’avoir terminé le livre (et là seulement, si je ne suis toujours pas rassasié, je me jette sur ces dernières miettes). C’est du domaine du vulgaire, ça n’a aucun intérêt. Mais les aléas de la vie font parfois bouleverser les habitudes, et pour une raison que j’ai oubliée, je me suis retrouvé le nez dans la quatrième de couverture du livre, quand soudain, fin de paragraphe, révélation ultime : l’éditeur balance en deux mots la fin de l’histoire. Alors évidemment, je suis un peu désappointé, mais je sais aussi que ce qui compte vraiment, c’est le chemin et non l’arrivée, et puis l’éditeur, même s’il est vachement gonflé, doit bien savoir ce qu’il fait, alors je me laisse prendre au jeu, j’ai hâte, et vite, j’ouvre la première page, je m’engouffre sur le chemin…

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Profondeurs • Henning Mankell

Chasseur

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30-35mn

1.

Manon s’affaire dans la salle de bains. Elle se coiffe. J’entends quelques de ses cheveux tomber de sa perruque spirite, et des cils, de son loup blanc dentelé d’or, puis glisser, ou frémir sur le carrelage, et se nouer à ses doigts de pieds. Manon est petite, danseuse, chaussée de talons-aiguilles imaginaires et porte un monde qui n’est pas le sien, c’est moi.

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Chasseur

Les Crevasses en silence

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25-30mn

(Cette nouvelle a été publiée dans le recueil Derrière l’immense chose en forme de radiateur en fonte.)

 

Swantree, province de Nunavut, 1954

 

Le crépuscule se presse mais son agonie est lente. Les nuages se disloquent comme on vide le corps des bêtes dans la neige, avec le même soin que le napalm de l’hiver sur les champs de coquelicots. Au loin, vers cette même tâche de sang, l’étranger peut entendre vrombir les Chutes Uruks, dont les eaux tendent la main à la nuit, il peut sentir sur son visage une bruine très fine et dans ses jambes une peur enfantine, l’image de ce puits dont on n’aperçoit pas le fond mais d’où émanent des chuintements et des pleurs.

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Les Crevasses en silence

Les petites marionnettes

Sous la balançoire en hiver
Moi et Margot
Nous avons découvert un matin
Une épée de corsaire
Une baguette de princesse
Un truc qui se prononce talastite
C’est ce qu’a dit la maitresse
Et comme c’était la fin de la récré
Dans ma poche de salopette
J’ai rangé l’épée toute froide
Ou la baguette
Pour quand Margot voudrait jouer avec          Continuer la lecture de

Les petites marionnettes

créatures, littérature, cahiers