Clément / fragment 22

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Il y a du sable dans leurs violons
Et des mots désuets
Sous les touches de leurs accordéons
Des mots des images et des sons
Qui semblent fragiles
Et pourtant ne le sont

Fanfare dans un bar lundi soir

Il y a les souvenirs de mondes imaginés
Une fausse nostalgie
Les joies de mon passé sur les joies des leurs
Les tristesses d’un drogué dépressif
A tous les siècles
Et par tous les donjons

Fanfare lancinante valse ou mazurka

Majestueuse parade nuptiale
Sans promesse de sexe
Sans promesse de rien
Des couples bousculent les tables
Avec leurs jambes et leurs fesses
Et au milieu s’illumine
Leur élégant tourbillon
Le va-et-vient d’un sourire
D’une bouche à une autre

Fanfare à réveiller les morts et les vivants

Au bar les têtes se relèvent
Et d’un geste n’importe lequel
Rejettent en arrière les ombres de leur visage
Dévoilant les mêmes pommettes
Coupées sans précaution
Qui durcissaient le visage d’Alexandre
Et qui sont quelques-uns des traits
Caractéristiques des hommes de la terre et du vent

Fanfare jusqu’au fin fond de nos secrets

Ensuite il me faut courir
Attraper le dernier tramway
Par la fenêtre contempler les lumières qui volent
Toutes les fugaces constellations des appartements

Se laisser porter dans une cabine blanche
Sans bruit
Sans ombre
Et se promettre de revenir un jour
Dans une vie ou deux
Quand je serai danseur !
Et un oiseau de terre

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Clément / fragment 20

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Cadavre recraché des profondeurs de nous
Mère ou sœur ou fille ou femme
Des courbatures pleins le crâne
Qui tirent
Tirent depuis nos seize ans
Chloé
Ou l’âge de nos premières rimes

Dans la solitude
Les forces trop courtes
Tu as laissé tomber l’écriture
Peur de gâcher ta vie
A la poursuite du chef d’œuvre
Qui ne viendrait jamais
Chloé
Plus beau cadavre de nous
Apparaît
Disparaît
Petit lutin cassé

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Clément / fragment 18

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Alexandre me demande si je vais écrire un roman sur lui. Et je réponds que non. Et il demande ce qu’il est dans tout ça, entre Clément ma muse et Maya ma reine, et je lui dis qu’il est moi, ma vie, pour l’instant et ici.
Si tu es mort, alors au minimum moi aussi.
J’écris juste quelques lignes de plus pour reprendre mon souffle.
Pelleter les nuages.
Puis je te laisse tranquille. Rien sur pourquoi t’es mort, c’est bon…

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Clément / fragment 17

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Au réveil je suis de nouveau seul avec Alexandre.
Maya partie au travail.
Quelques éclairs de ce truc dont j’ignore le nom et qui ouvre les portes de la réalité : je découvre des plantes mortes, sur le balcon et le long de la fenêtre, mortes de soif, mortes d’avoir crié à l’aide à s’en étouffer, mortes à deux mètres de moi, mortes comme les esclaves et les bouffons égyptiens sacrifiés et enterrés à la mort de leur pharaon, Alexandre franchissant le chemin de l’éternité, nu et gaulé comme un dieu, évidemment à cet âge glorieux, traînant derrière lui toute une escorte de choses sacrifiées en son deuil, ridicules, bruyantes et puantes.
Aussi donc, dans la boîte transparente où j’élevais deux chenilles puis trois puis une chenille toutes vert pomme, des moisissures dégoulinent, les feuilles ressemblent à des algues après une marée noire et aucune petite crotte ne s’étale plus sur les parois, mais une sorte de crasse floue semblable à celle de nos murs et des murs des cafés bruns d’Amsterdam. Le corps de la chenille introuvable, une petite chenille de ganja, vert pomme, noir moisi, introuvable.

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Clément / fragment 16

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Ah ! et j’oubliais de m’excuser auprès du lecteur quant à la chaotique répartition des extraits qui constituent l’histoire de cette histoire : il m’est en effet impossible de trop relire ce que j’écris, ou pour le dire autrement, lorsque je tente une relecture, aucun esprit critique ne parvient à m’envahir, malgré tous les efforts masturbatoires que je pratique pour l’invoquer, alors le temps que prenne fin cette marche macabre, veuillez bien excuser les oniriques péripéties qui la font valse et ivresse.

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Clément / fragment 13

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Pourtant aujourd’hui, j’ai découvert qu’il pouvait s’étendre encore plus loin dans le temps…
Ce matin, Alexandre m’a laissé dormir. Et j’ai dormi vingt heures. Et j’ai compris pourquoi il persistait à me réveiller toutes les heures. (Mais à l’heure actuelle, je ne suis pas bien sûr de savoir où il se trouve.)
Le bois de l’escalier est dans ce rêve ce qu’il y a de plus doux, bien que ma main ne le touche pas et tout juste l’effleure.
Et à la fin du rêve, de l’autre côté du bois de la rampe d’escalier lustré par dix ans de petites mains, un visage que je connais, pour la première fois depuis tout ce temps, un visage qui rentrera avec moi en classe si un jour nous arrivons à rentrer, quand la foule et les muscles seront décidés. Ou peut-être quand toute la classe sera au complet. Dans la brume de cheveux et de fronts, Alexandre fringant dans son visage mortuaire. Me sourit, mâchoire tendue, tendue par je ne sais pas qui mais pas moi, ses pommettes tranchées comme des patates au gros couteau, plus saillantes que jamais, ses yeux larges qui ne clignent pas, je me réveille !

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Clément / fragment 12

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Alexandre se trouve quelque part dans mon rêve limace, au milieu de la foule, avec mes autres camarades sûrement, mais en toute sincérité je n’ai encore jamais vu ni l’un ni les autres…
Il est treize ou quatorze heures dans les couloirs du lycée et l’immonde carillon retentit. Je suis sur la première ou deuxième marche du bel escalier de bois qui mène aux classes de compta, les jambes clouées, les muscles des jambes plus mous que mes yeux rouges et rongés, et partout autour de moi un bruit liquide et sourd, la foule aux jambes clouées, des heures et des heures, des jours, des semaines, des mois. Cette masse humaine et sonore réunie en une pâte planète marécage d’une scène un décor. Un vague mouvement de bourdon mais pas sûr. Et voilà.
Je crois que mon rêve limace n’a pas de fin.

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Clément / fragment 11

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Dans le silence mes pensées se bousculent. Je laisse pousser les mauvaises herbes.
Pas d’enterrement pour les immortels. Nouveau fantôme en ville.
Lorsque je dors, tu tapotes sur mon épaule pour m’éveiller et m’épargner la fin des rêves.
Dans ma collection de choses cassées et qui ne marchent plus que par ventriloquie, ton étiquette, Alexandre, est d’un blanc immaculé feuille Canson à la rentrée.
Petits bocaux. Lunettes grossissantes. Beaucoup d’alcool et de tabac, nuit, silence, volets clos.
Les yeux rouges et rongés, ne laissant percer aucune lumière aucune couleur. Brouillard du crâne, nuages, champignons.
Le sommeil un chaos mais à presque une semaine toujours aucun signe de fatigue.
Je suis au prologue de mon rêve limace.

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Clément / fragment 10

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À l’heure de la récré qui sonnait, Alex et moi on se faufilait derrière les tôles de la cantine et les classes en préfabriqué, et au seul endroit où le muret n’avait pas été truffé de verre pilé, Alex me faisait la courte échelle : je rampais alors et gémissais jusqu’à atteindre l’autre côté et aussitôt pied à terre ne m’occupais plus de rien. Les muscles d’Alex le transportaient n’importe où n’importe comment, salto et hop, il sortait son briquet, on brûlait chacun notre bout de shit, le sien toujours le mien, ou vice-versa, selon qui avait vendu le machin à l’autre.

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Clément / fragment 9

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Clément m’envoie presqu’aussitôt un message :
Tu voulais écrire un chef d’œuvre, pas un journal intime. Ne gâche pas tes possibilités avec ce caca d’artiste éprouvé. Pleure jusqu’au bout, je t’en prie. Pleure et bois et fume et prends tout ce qu’il y a à prendre et saute par-dessus tout ce qu’il y a à sauter, mais ne te cache pas, ne cache rien.
Et aussi mais surtout :
Tu n’as pas à écrire plusieurs romans. D’ailleurs, tu n’auras sûrement pas la force d’en écrire un second. Ou bien l’un et l’autre seront mauvais, et tu pourras continuer aussi longtemps que tu veux, ça ne viendra jamais ; avec le temps, tu apprendras à diluer ton caca, celui qui cache, celui qui moque, et de plus en plus d’inconnus t’aimeront et ton talent sera au plus proche de son sommet. Voilà.
Enfin :
Un vieux mou. Un tiède. Un menteur de seconde zone.
Tu pourrais faire ton sport et ton application minceur, ton light et ta verdure, huit heures d’écriture par jour, de la merde et encore de la merde. Mais personne n’est devenu autre chose qu’une merde après trois milles matins passés sur un vélo d’appartement, personne et tu le sais. Il faut s’écraser quelque part. Et toi tu peux. Partout presque. Voler puis s’écraser et les gens te regarderont comme ils n’ont jamais regardé personne, car évidemment quand le cœur du martyr est généreux, la foule n’en est que plus fervente.

Les tièdes crèvent quand on tire la chasse. Tandis que toi parcours le chemin de l’immortalité.

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Clément / fragment 8

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Chapitre 2

Alexandre

Et puis quelqu’un est mort.
Il est dix heures du matin, Facebook, France, Alexandre P., et des dizaines de messages pleuvent sur ta page perso. Je suis aux toilettes, comme tous les jours à plus ou moins cette heure, je fais caca, je regarde l’actu Facebook. (Des larmes et du caca, ce serait un super titre pour mon livre.)
Tu me devais quatre cent euros, une sav’ ; après deux jours à fondre en larmes et exploser pour tout et pour rien, j’ai pas trouvé mieux à dire pour détendre l’ambiance. Ton fantôme plus ou moins mort. Ton fantôme plus ou moins flottant au-dessus de moi.
Je n’irai pas à ton enterrement et je n’en demanderai pas la date. Je n’enverrai aucune carte à ta mère. Encore moins à ta grand-mère. Je ne saurai pas, jamais, comment tu es mort. Je le devinerai pourtant, car il le faut bien, car occuper mon deuil à pleurer ton mystère m’effondrerait trop bas, je le devinerai par ce que nous avons vécu ensembles, et fais-moi confiance pour faire boire à ces litrons de larmes les plus spongieux de tous les cacas.

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Clément / fragment 7

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Parfois Maya apparaît à côté de moi, d’un éclair, toute nue ou pas grand chose. Moi je regarde l’heure puis je regarde Maya, pas pour savoir si nous allons réussir à parler ou à se comprendre, je les regarde tous les deux pour me rappeler où je me trouve, et comment est-elle apparue, et quel jour sommes-nous, et sait-elle qu’il y a des jours absolument stupides pour se suicider…
Le corps droit, danseuse d’audition, les tétons roses presque blancs, les bras vides. Je reste un moment à l’observer en silence, je crois que je fronce un peu les sourcils, pas méchant mais pour inspecter, pour tenter de comprendre et je ne comprends rien. Jamais. Ses longs cheveux bouclés tombent jusqu’au rond de ses fesses, s’y brûlent et se fendent dans une ultime et longue virgule. Jamais.
Maya parle son langage maya, ça veut dire le jeu des jolis mots ou une sorte de dérivé, et pour me faire réagir elle prononce le plus beau d’entre tous ! Je fronce les sourcils, je regarde ma bière, je suis occupé, je dis. Maya ses cheveux son ventre ses orteils, son visage disparu et dans la main au bout de mon bras un couteau qui n’est pas le mien.

Maya disparaît.
Le matin. Le soir.

Je me connecte sur le forum d’écriture, havre des timides et des premiers de la classe, rejetés par tous hormis leurs frères et sœurs de lettres. Invisibles dans la vie normale, ici ils pullulent.
Clément est toujours là, au milieu de la liste, à m’attendre ; c’est un lève-tôt. Et la nuit c’est moi qui patiente.
Hier matin avant d’aller me coucher, j’ai laissé à son intention un début de poème, et je m’empresse d’aller lire la critique qu’il en a faite. Mais rien… son pseudonyme flotte au milieu de la liste… il ne m’a laissé aucun commentaire, aucun message, alors même que le titre du poème aurait dû le faire sursauter ! Où est-il ? À son boulot ? Chez lui ? Dans un bistrot ? Non, évidemment pas dans un bistrot…
Hmff… je fouille dans les archives les preuves de sa présence. Trois messages aux alentours de huit heures, voilà.
Tant pis. Vodka-taurine, california dream, fin du poème. Me branle sur du porno russe.
Fume toute l’herbe. Puis me rends compte que c’était inutile : hauteur du plafond moyenne.

Le matin est toujours le même, long, au moins une heure, et je ne sais jamais quelle connerie je vais faire. Une heure de flou, de beuh, de branlettes. À priori aucune activité assez saine pour m’empêcher de casser quelque chose, les murs creux, mes phalanges délicates. À peine je m’accroche que ma peau s’épluche. Alors elle forme une petite boule translucide, cire de moi, et quelques secondes plus tard, parfois-même très longtemps après, le sang se met à affluer et à pisser et à marquer toutes les lignes et rides de ma peau-vie.
Pentaculaire !
La plupart du temps, je pratique moi-même la petite encoche. Un centimètre environ, sur la main et le bras gauche, à l’aide d’un cutter en plastique bleu, que pour des raisons hygiéniques et disons même sanitaires j’ai décidé de réserver à cette unique activité.

Une heure durant laquelle un jour je sauterai sûrement par la fenêtre. Troisième étage tout bitumé. Mais toutes ces bagnoles en-dessous, leurs toits modernes et flexibles, une sorte de filet de sécurité.

Parfois j’oublie de manger. Il est 18 heures, ou quelque chose m’avertit qu’il est 18 heures, mon estomac (a un cerveau, oui, et ça le fait au moins aussi crétin que moi) se réveille et se met à ronronner, mais trop tard ; alors j’attends Maya. Et conclusion c’est pareil, que je mange ou non c’est pareil, mes petits voyages et conversations imaginaires prennent du temps, qui dort dîne, sûrement.

Toujours aucune nouvelle de Clément. Et son nom disparu de la liste.
Maya elle aussi est partie dormir.
Le silence de l’ordinateur qui souffle.
Rien.
Et enfin la fatigue soudaine, et la gueule grande ouverte du loup.

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Clément / fragment 6

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Trois ans plus tôt, j’avais écrit cette histoire, celle d’un mec qui assassine par erreur sa petite amie et (le reste est trop dégueulasse pour le raconter en une ligne), alors je m’inscrivais sur un forum d’écriture pour la partager. C’est là que je le rencontrai. Il aimait les gens bizarres comme moi, je présume, car il a détesté mon roman, il l’a détesté chapitre après chapitre, en une dizaine de paragraphes à chaque fois, et donc au final avec beaucoup d’amour.

Il écrivait, écrit même, plus ou moins les mêmes choses que moi, c’est-à-dire qu’il pourrait être moi et que j’en serai très fier.

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Clément / fragment 5

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Il habite un appartement sombre aux murs miel et blancs
Les deux fenêtres du salon et celle de la chambre sont voilées par des stores vénitiens
Le mobilier est réduit au minimum citadin
Enseveli sous des piles de livres.

La nuit
il ne dort pas
Il attend son œuvre
Il s’évade par les barreaux des stores
horizontaux
Et ne revient qu’à l’aube

Clément est le plus élégant des tueurs d’oiseaux.

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Clément / fragment 4

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Une saloperie de crise de la trentaine.
Une fausse mission suicide.
Rien en tout cas que la violence – ta mère la pute – ne saurait contenir.
Rien d’autre qu’une occasion d’en profiter.

Les affaires de Maya jonchent l’appartement. Elle est partie il y a quelques heures (ce mot n’a aucun sens : disons… un autre matin…). Un autre matin que le mien. Nous nous croisons à la fréquence du passage des comètes les plus rares. J’ai les joues qui traînent dans la bouche, les yeux qui fondent dans le crâne. Je colle une douille d’herbe en trois temps. Mes paupières, mais je ne crois pas que ce soit visible, s’ouvrent.
Je suis observateur. J’observe et parfois je retiens, et ça c’est le pire.
Je suis gentil. Quelqu’un de gentil, c’est ce que les gens disent ; mais le pire c’est que personne n’a jamais dit que j’étais méchant. Si deux gars, trois gars arrivaient au bon moment, c’est-à-dire lorsque je rêve de voir cramer la planète entière (forêts comprises ! ), mon poing on fire comme le putain d’extincteur d’Irréversible, alors tout ceci se terminerait, affaire conclue, moi en prison et la logique du monde respectée. Mais toute cette vilaine colère ne s’échappera pas, jamais.
Parfois, je comprends l’un des mots qui sort de sa bouche, et elle comprend l’un des miens, et houga bouga de joie ! nous dansons nous baisons nous cassons des trucs c’est pas grave, et oui c’est clairement aussi beau que de regarder passer une comète que Cléopâtre ou une autre connasse est la dernière à avoir vu passer.

J’observe pendant des heures, toutes les choses et toutes leurs ombres, n’importe lesquelles, toutes. Et je n’en retiens que certains détails, parfois anodins, parfois étranges presque mystérieux, ou disons que mon esprit les retient, moi j’observe et je m’en branle, je ne cherche rien, je m’ennuie.

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Clément / fragment 3

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Les matins vomissent mes nuits. Grumeaux de rêves macabres, suicidaires, petits poucets jusqu’à la cuisine, frigo, bière.
Mes rêves pleurent ensuite par mes yeux. Cigarette. Balcon. L’air : toujours le même, pluie ou ciel bleu, l’air frais du matin : toujours le même, peu importe l’heure, l’air vivant du matin.

Je voudrais tuer un clochard façon orange mécanique, de loin, du bout du pied. Facile, avec des chaussures balèzes, je vois l’truc. Comme un petit chat croisé à six du mat, un dimanche ivre, bave aux caniveaux, qui valse par les berges. Léger. À l’heure bénite où tout est léger.
Je voudrais sauver un clochard, me sortir du lit, danser sur les trottoirs comme dans une comédie musicale et faire pleuvoir des chocolatines et du lait écrémé sur sa face volcanique.
Matin vomi, matin balcon. Je crache par-dessus la jardinière. Herbes mortes, aromatiques je crois. Elles ont trois ans. Et meurent si doucement.
La terre, du sable.
Sortir des rêves. Heureux ou tristes.
Je suis un crépuscule qui s’éternise.

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