D’un mot à l’autre

Un esprit ceint dans un corps saint convoitait corset corse sur son coussin. L’écorce de ces seins saignant ses cinq sens, il signa en silence un sceau d’abstinence sur son sain pénis, mise en scène presque obscène d’un sexe sans Seine. Ses cils de lys blancs, censeurs et sans heurts se turent et surent. Cent heures coulèrent et les senteurs de l’ire salirent ses pensées pourtant presque pansées. Son cœur aux couleurs sensibles chuta en son estomac acide et s’asphyxia céans, cédant aux bizarreries d’un amour sans cible.
2009

La Ballade du Café Triste • Carson McCullers

Titre original : The Ballad of the sad cafe
États-Unis, 1943
Éditions Stock, 1974, pour la traduction française
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jacques Tournier

 

 
Ce qu’on ignore, lorsque comme moi on fait une croix sur la biographie d’un auteur pour mieux savourer, bandeau sur les yeux, la première bouchée de son œuvre, c’est que Carson McCullers n’est pas, comme son nom l’indique, un cow-boy aux bottes sales et au cœur amoureux. Loin de là. C’est celui d’une jeune femme de 26 ans que ses parents voulaient garçon, jeune femme qu’on s’imagine le visage fermé et les mains pudiques, pianotant sur une machine à écrire des notes douces et lugubres à la fois. Ancienne pianiste et petit génie déchu, trop grande pour le monde, Carson est une girafe dans un magasin de porcelaines – en partie déjà brisées. Mais Carson n’est pas là pour recoller les morceaux. Dans les débris, elle déblaie un chemin qui fait le tour de la pièce. Puis elle peut commencer l’écriture de sa nouvelle.

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La Ballade du Café Triste • Carson McCullers

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