Clément / fragment 3

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Les matins vomissent mes nuits. Grumeaux de rêves macabres, suicidaires, petits poucets jusqu’à la cuisine, frigo, bière.
Mes rêves pleurent ensuite par mes yeux. Cigarette. Balcon. L’air : toujours le même, pluie ou ciel bleu, l’air frais du matin : toujours le même, peu importe l’heure, l’air vivant du matin.

Je voudrais tuer un clochard façon orange mécanique, de loin, du bout du pied. Facile, avec des chaussures balèzes, je vois l’truc. Comme un petit chat croisé à six du mat, un dimanche ivre, bave aux caniveaux, qui valse par les berges. Léger. À l’heure bénite où tout est léger.
Je voudrais sauver un clochard, me sortir du lit, danser sur les trottoirs comme dans une comédie musicale et faire pleuvoir des chocolatines et du lait écrémé sur sa face volcanique.
Matin vomi, matin balcon. Je crache par-dessus la jardinière. Herbes mortes, aromatiques je crois. Elles ont trois ans. Et meurent si doucement.
La terre, du sable.
Sortir des rêves. Heureux ou tristes.
Je suis un crépuscule qui s’éternise.

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https://www.youtube.com/watch?v=LF3UiXj8ZAk

Clément / fragment 2

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Chapitre 1

Seul

Je l’avoue : j’ai commencé à écrire cette histoire par son prologue, ce qui en général ne se fait pas, car un roman ne se déroule jamais comme son auteur voudrait qu’il se déroule et les finalités et les desseins qu’il impose à son commencement ne sont que rarement les fins que l’histoire, par de viles acrobaties inconscientes ou cathartiques, parvient à imposer et obtenir.

Certains écrivains se sont découverts, d’autres se sont soignés, mais je ne désire rien découvrir ni rien soigner, bien au contraire. Je cherche à planter des aiguilles sur chaque point de mon corps pour y trouver ceux qui me sont le plus douloureux. M’y enfoncer jusqu’à la crispation totale et mourir. Proprement, sèchement. (Hiver ou été peu importe. Mais je décrirai un jour bleu et frais, sans vent ni nuage, avec partout le soleil jetant ses ombres lourdes, fraternelles. Alors au chaud-froid de mon corps se formera un monde double l’instant d’une seconde.)

Ainsi pour ne pas dévier des mes intentions, ce prologue anticipé fait valeur de contrat : à la fin, promis craché, l’amour est piétiné et l’art triomphe. Je soussigné, votre valeureux voyageur, moi.

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Clément / fragment 1

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Prologue

Puisqu’en réalité tout finit toujours mal, et afin de mieux nous concentrer sur les détails secondaires qui eux seuls ont de la valeur, débarrassons-nous dès maintenant de l’intrigue principale de cette histoire :

Dans le premier chapitre, je rencontre Clément sur internet et je fais de lui ma muse.

Dans le second chapitre, je commence à écrire le premier chapitre de mon chef-d’œuvre : l’histoire d’amour entre Maya et moi.

Dans le troisième chapitre, j’annonce au lecteur que Clément a refusé presque toutes les phrases de mon second chapitre, et avec pour seule ellipse cette explication (qui forcément plaira à Clément), nous passons directement au chapitre suivant.

Dans le quatrième chapitre, rien ne se passe. Maya et moi faisons des trucs sans intérêt.

Dans le cinquième chapitre, toujours rien ne se passe. Maya obtient une promotion. Nous achetons une maison à la campagne mais pas trop loin de la ville.

Finalement, dans le dernier chapitre, je tombe amoureux de Clément, et afin de terminer mon chef-d’œuvre, je le tue.

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Clément / Sommaire

La version présentée ici est ce qu’on appelle communément un premier jet, et est le résultat de treize mois de nuits blanches, dont il est possible de découvrir la forme brute sur le forum des Jeunes écrivains (accessible aux membres seulement).

Prologue/Chapitre 1 – Seul

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Chapitre 2 – Alexandre

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Chapitre 3 – Erreur

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Chapitre 4 – Écrire un roman

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Chapitre 5 – Seuls

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Dernier chapitre – La Citadelle

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Epilogue

(prochainement)

+

MUSIQUE DU LIVRE

*

Et que devient ce projet ?

La première correction commencera courant mars.

Correction terminée.

Impression imminente.

Et bientôt, envois à quelques maisons d’édition…

III – Dernier jour, premier jour (2016-2017)

 

Fenêtre noireÉclats de bulles  •   Ce qui affaisse nos corps et tire nos peauxNuit de l’hyperboréeGraalFouille, exhumation, terre retournéeLe vent de la nuitLe vent du jourCanna ou la nouvelle Cendrillon •  Point de rencontre des deux inclinaisonsLes enfants disparaissentMille ciels perdus au fond du tambourParoleCreux •  Torsion des pyramidesPastiche de soleils soupçonnésPetit-déjeunerLe peuple des luciolesLa tombe d’un labyrintheLe monstre du jourCartographie du silence •  La prisonnière toute fenêtre ouverteTerre • La fontaine

II – Tombeau de l’enfant sauvage (2015-2016)

 

L’éternel instant • A l’enfant sauvageLes chemins nous rassemblerontSoleil exact

Les poèmes de cette saison ont été compilés dans un recueil disponible dans la Boutique . (NB : Les titres des poèmes ne sont là que par praticité ; ils n’apparaissent pas dans le recueil.)

La nuit ne prévenait plus

version numérique réservée aux membres

 

Les ailes ne repoussent pasLe lac souterrainDéchirure de l’espaceLes cœurs battent ailleursLe potagerSous silenceSouplesse du soleilLe corps interditÉtincelleBlancProfondeurRôninA l’aube des joursLe criMonstre d’enfantEncore et encoreRetour chez les mortsDessus dessousCourage cours !Peinture au couteauL’aviateurLa boue – Nuit en montagneIlluminationPyrénéesLe rêve lointainNé sans nomCache démesurée Le point central du réveilLa poussière ne retombait plusLes adieuxVol sacréChut(e)Froissement sépulcralLa maisonLa nuit ne prévenait plusLe paysOstaraAu bordPampeluneBris/élasticitéBalthusSilex : trois mouvementsLe marbre défaillantCartographie du videL’alignement verticalTon corps informe et la lune dessusLa marcheQuelle est la corde qui tire sur le jourVisionNuitLa fontaine

I – Romantisme magique (2008-2011)

 

Entre deux mersCour des miraclesDeux soleils et un vélo26 décembreY a comme quelque chose pour tout avalerLes petites marionnettesAu bout du bout du mondeLettre d’amourRue BayardEclatsDans la villeEntre le tonnerre et l’éclairCrise 18La ville usuréeElsa IILe NLe Son des détectivesEt nous jugerons les angesOnD’un mot à l’autreLa stratégie du miroir

 

artwork par @Antoine Le Minous

Index

·France·
Cendors Pierre, Adieu à ce qui vient (2011)
Minard Céline, Le dernier monde (2007)
Benameur Jeanne, Les Demeurées (2000)
Gilbert-Lecomte Roger, La vie l’amour la mort le vide et le vent (1933)

·Japon·
Murakami Haruki, Kafka sur le rivage (2003)
Murakami Haruki, L’éléphant s’évapore (1980-1991)
Yoshimura Akira, Naufrages (1982)
Yoshimura Akira, La jeune fille suppliciée sur une étagère, suivi de Le sourire des pierres (1959 et 1962)

·Europe·
Jünger Ernst, Sur les falaises de marbre (Allemagne, 1939)
Cercas Javier, Les Soldats de Salamine (Espagne, 2001)
Vila-Matas Enrique, Bartleby et compagnie (Espagne, 2000) + ressources
Mankell Henning, Profondeurs (Suède, 2004)

·Etats-Unis·
Spanbauer Tom, Les Chiens de l’enfer (1988)
Mc Cullers Carson, La Ballade du café triste (1943)

 

 

Musique du livre

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1. Silver mount Zion – Sit in the middle of three galoping dogs
2. Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp – Slide
3. Akalé Wubé – Mata
4. Eténèsh Wassié et le Tigre des Platanes – Bati
5. Alif tree – My Soul
6. Kyuss – Freedom run
7. Master Musicians of Bukkake – Schism Prism/Adamantos
8. Ufomammut – Stigma
9. Vista Chino – Dargona Dragona
10. The Desert Sessions – Teens of Thaïland
11. La Rue Kétanou – L’Ardoise
12. Chiens de paille – Comme un aimant
13. La Rumeur – Le Pire
14. Idéal J – Un Nuage de fumée
15. Portishead – Undenied
16. Portishead – Roads
17. Portishead – Wandering star
18. Portishead – Magic doors
19. Portishead – We carry on
20. Jozef Van Wissem & SQÜRL – Streets of Tangier
21. Yasmine Hamdan – Hal
22. Akalé Wubé – Kidus à cent dix
23. Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp – The sheep that said moo
24. Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp – Cranes fly
25. Hidden Orchestra – Dust
26. Portico Quartet – Clipper
27. Inti Illimani – El pueblo unido
28. Neil Young – Old Man
29. Nico & the Velvet Underground – Venus in furs
30. La Mal Coiffée – La ronda del morts
31. The Bulgarian national radio children’s choir – The mountain has overtuned
32. Nico & the Velvet Underground – Femme fatale
33. Crystal fighters – Follow
34. World’s end girlfriend – Ghost of a horse under the chandelier
35. Chelsea Wolfe – Virginia Woolf underwater
36. The Wytches – Gravedweller
37. In Zaire – Sun
38. Efren Lopez, Stelios Petrakis, Bijan Chemirani – A. A. A. A. A. A. A.
39. Eagles of death metal – Already died
40. Queens of the stone age – Skin on skin
41. Camille – Pâle septembre
42. Camille – Le Banquet
43. Alejandro Jodorowsky – Pantheon bar
44. Camille – La Demeure d’un ciel
45. Camille – Vertige
46. Camille – Le Berger
47. Queens of the stone age – Skin on skin
48. Swans – She loves us
49. Alejandro Jodorowsky – Tarrot will teach you / Burn your money
50. La Caution – Bâtards de barbare
51. Mai Lan – Gentiment je t’immole
52. Oxmo Puccino – Les jeunes du hall
53. Mahmoud Ahmed – Ambassel
54. Tesfa-Maryam Kidane – Heywete
55. Alamayehu Eshete – Addis Abeba Bete
56. Mulatu Astatke – Yegelle Tezeta
57. Tlahoun Gessesse – Lantchi Biye

[archives] Présentation du site (janvier-mai 2016)

Ami lecteur, bonjour !

    Ce site n’est pas seulement un refuge. Ce site est aussi l’étrange forêt qui entoure et protège le refuge. Un décor, détrompe-toi, très réaliste ! Fait de rêves coupés aux ciseaux, coupés longtemps, avec la minutie dont seul est capable l’enfant.

    Maintenant, et puisque tu es toujours là, suis-moi, allons jeter un œil aux poèmes au fond du jardin, ils ont toujours besoin d’être arrosés, ou alors saute dans ma poche, et je t’emmène en promenade en nouvelles. Et si tu veux rester plus longtemps, il me faudra te présenter Clément et les autres, eux aussi ils habitent cette cabane.

    J’espère que tu te plairas ici avec nous. Il y a d’autres livres dans la bibliothèque, si tu as besoin de te changer les idées, comme des feuillets de critiques, et d’autres petites choses qui traînent çà et là. Fais-toi plaisir, tu sais, tu n’as pas à ranger ou à nettoyer derrière toi ; ici tout se remet en place tout seul et pour une raison qui m’était jusque là mystérieuse, il n’y a absolument aucune trace de poussière. Et ça n’a rien à voir avec la magie. Ça a juste à voir avec toi, au fait de remuer les livres. Ou plus exactement au fait qu’à chaque fois que tu remues un livre, quelque part nous ne savons où, la poussière reprend sa forme d’origine.

    Hé, une dernière chose… Tu t’en es peut-être déjà aperçu mais les gens ici sont, comment dire… un peu sauvages. Lorsqu’ils parlent ils bégaient ; ils préfèrent ne pas parler. Ils écrivent seulement. Alors toi qui changes la poussière en objets, tu dois savoir que ce refuge n’est pas un lieu secret. Si tu as apprécié ta visite, tu peux ramener autant d’amis que tu veux la prochaine fois. Car inutile de compter sur le sentier au pied de la montagne ; il se referme à chaque nuit. (Et pour être averti des nouveautés (sans être inondé de banalités), tu peux aussi nous suivre sur twitter et facebook.)

    Bonne lecture !