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Les Chiens de l’enfer • Tom Spanbauer

Titre original : Faraway places
Éditeur original : Hawthorne Books, Etats-Unis, 1988
Gallimard, 1989, pour la traduction française
Traduit de l’anglais par Marie-Lise Marlière

chiens de l'enfer

    Vieille boîte en ferraille pleine à craquer de photos et d’objets d’enfant, Les Chiens de l’enfer est le premier roman de Tom Spanbauer, et représente, par sa brièveté, la fureur de son écriture et la diversité de ses thèmes, une véritable introduction aux deux œuvres maîtresses qui suivront : L’homme qui tomba amoureux de la lune (1991) et Dans la ville des chasseurs solitaires (2001).

    L’histoire se déroule à la fin des années 50 aux États-Unis, dans une commune rurale de l’Idaho où la pauvreté et la ségrégation raciale ne cessent de croître – parallèlement, comme toujours – au fil des saisons et des mauvaises récoltes.
Le jeune Jacob raconte l’histoire, ce qu’il sait, c’est-à-dire pas grand-chose, des interdits surtout, et des péchés mortels au moins autant. Il raconte sa chambre, il raconte la rivière où il n’a pas le droit de se rendre, il raconte l’Indienne Sugar Babe et le nègre, il raconte Harold P. Endicott et ses chiens de l’enfer, il raconte la bannière étoilée qui flotte dans le ciel.
Tout est combat et confrontation, une violence extrême et sans filtre projetée directement de l’œil de l’enfant jusqu’au texte – éclaboussures de sang, de lait et de chocolat à chaque page. Le combat de la nature, symbole de toutes les possibilités et de toutes les infinies, avec la religion, complexe et austère ; le combat de l’enfant avec le père ; le combat de l’indien avec l’Amérique ; le combat de l’illusion avec la réalité…

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Les Chiens de l’enfer • Tom Spanbauer

La Ballade du Café Triste • Carson McCullers

Titre original : The Ballad of the sad cafe
États-Unis, 1943
Éditions Stock, 1974, pour la traduction française
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jacques Tournier

 

 
Ce qu’on ignore, lorsque comme moi on fait une croix sur la biographie d’un auteur pour mieux savourer, bandeau sur les yeux, la première bouchée de son œuvre, c’est que Carson McCullers n’est pas, comme son nom l’indique, un cow-boy aux bottes sales et au cœur amoureux. Loin de là. C’est celui d’une jeune femme de 26 ans que ses parents voulaient garçon, jeune femme qu’on s’imagine le visage fermé et les mains pudiques, pianotant sur une machine à écrire des notes douces et lugubres à la fois. Ancienne pianiste et petit génie déchu, trop grande pour le monde, Carson est une girafe dans un magasin de porcelaines – en partie déjà brisées. Mais Carson n’est pas là pour recoller les morceaux. Dans les débris, elle déblaie un chemin qui fait le tour de la pièce. Puis elle peut commencer l’écriture de sa nouvelle.

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La Ballade du Café Triste • Carson McCullers