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Prologue

Il y a parfois une personne assise dans sa voiture, à la place du conducteur, un sandwich à la place du mort, moteur éteint et mains sur le volant, qui attend quelque chose. Il regarde, parfois, par la fenêtre, la lumière tamisée d’un appartement où une ombre chinoise coiffe ses longs cheveux.
L’homme fait doucement rouler la pierre de son zippo le long de son index, longtemps, et il mâchouille encore entre ses lèvres une cigarette de tabac brun au filtre difforme et flageolant.
Il bâille et la nuit passe.

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À l’ombre des champignons

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À l’ombre des champignons

Prologue

Il était habité ce gars-là, j’vous jure. Son doigt pointé sur moi, ou quelque part sur moi, il a dit :
« C’était des fleurs avant. »
J’ai dit « Quoi ? Qu’est-ce qui était des fleurs avant ? »
Mais y avait rien à en tirer – il a simplement répété – et moi, comme j’avais jamais été une fleur, j’ai pas compris davantage.
Un taré. Et on disait qu’il était habité. Il restait planté sur le même banc tous les jours tout le jour et quand vous passiez à côté de lui, vous pouviez être certain qu’il allait dire un truc insensé que vous comprendriez pas, et même un truc à vous faire pleurer si vous étiez du genre fragile. Quand on comprend rien à c’que raconte quelqu’un, en général, on fixe ses yeux pour trouver du sens. Mais avec lui, fallait pas faire ça ; ses yeux aussi étaient habités, et moi j’y regardais plus dedans ; ça foutait vraiment la trouille, j’vous jure.
Je lui ai souhaité une bonne journée, comme ça, et j’ai répété avec ma main, au cas où lui non plus comprenait pas ce que j’disais.

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Lullaby to paradise

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Lullaby to paradise

Pages 323-325

« Lola !… Lola !… Lola !… »

Toujours déçu et innément seul, je me glissai sous la carcasse du lit et emmitouflai ma tête contre le coin de chambre le plus éloigné de la fenêtre. J’avais toujours les doigts cramponnés sur le cœur et, dans la paume de ma main en mie de pain (un ramasse-miettes), une poche de sang fermement comprimée était prête à éclater à n’importe quel moment ; il ne faisait aucun doute que les autres étaient encore à ma poursuite… j’étais contaminé, quelque chose comme ça… ils finiraient par me retrouver. Cela arriverait. J’espérais seulement que Lola revienne avant eux. Lola ! Juste une toute petite fois.
Mais ils ne m’attraperaient pas, je ferai péter la poche avant qu’ils n’entrent. Ils me croiraient mort et n’oseraient pas me toucher. Je n’aurai ensuite qu’à convaincre le médecin légiste pour m’échapper.

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Vingt-trois minutes

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Vingt-trois minutes

Maria, c’était son nom, et il était d’autant plus charmant qu’elle n’avait aucune origine espagnole ni penchants catholiques.
Elle ne portait de boucles à l’oreille que ses cheveux pleins de courants d’air, qu’elle cachait en partie sous un torchon de cuisine mais d’où toujours dépassaient quelques mèches tendues comme des tire-bouchons.

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Vingt-trois minutes

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Chasseur

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Chasseur

1.

Manon s’affaire dans la salle de bains. Elle se coiffe. J’entends quelques de ses cheveux tomber de sa perruque spirite, et des cils, de son loup blanc dentelé d’or, puis glisser, ou frémir sur le carrelage, et se nouer à ses doigts de pieds. Manon est petite, danseuse, chaussée de talons-aiguilles imaginaires et porte un monde qui n’est pas le sien, c’est moi.

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Cour des miracles

Je compte jusqu’à douze
Mon cœur vibre de plus en plus fort quand soudain le train passe
Deux secondes
Et je l’entends seulement
Peut-être n’existe-t-il pas
Le bouillon de l’eau reprend
Vingt-sixième chaudron
Je garde l’eau qui monte l’eau qui descend
La vingt-sixième mâchoire d’un long collier de dents
Qui croque
Croque tout

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Cour des miracles

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