Archives par mot-clé : Surréalisme

Lullaby to paradise

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25-30mn

Pages 323-325

« Lola !… Lola !… Lola !… »

Toujours déçu et innément seul, je me glissai sous la carcasse du lit et emmitouflai ma tête contre le coin de chambre le plus éloigné de la fenêtre. J’avais toujours les doigts cramponnés sur le cœur et, dans la paume de ma main en mie de pain (un ramasse-miettes), une poche de sang fermement comprimée était prête à éclater à n’importe quel moment ; il ne faisait aucun doute que les autres étaient encore à ma poursuite… j’étais contaminé, quelque chose comme ça… ils finiraient par me retrouver. Cela arriverait. J’espérais seulement que Lola revienne avant eux. Lola ! Juste une toute petite fois.
Mais ils ne m’attraperaient pas, je ferai péter la poche avant qu’ils n’entrent. Ils me croiraient mort et n’oseraient pas me toucher. Je n’aurai ensuite qu’à convaincre le médecin légiste pour m’échapper.

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Lullaby to paradise

Vingt-trois minutes

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35-45mn

Maria, c’était son nom, et il était d’autant plus charmant qu’elle n’avait aucune origine espagnole ni penchants catholiques.
Elle ne portait de boucles à l’oreille que ses cheveux pleins de courants d’air, qu’elle cachait en partie sous un torchon de cuisine mais d’où toujours dépassaient quelques mèches tendues comme des tire-bouchons.

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Vingt-trois minutes

Chasseur

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30-35mn

1.

Manon s’affaire dans la salle de bains. Elle se coiffe. J’entends quelques de ses cheveux tomber de sa perruque spirite, et des cils, de son loup blanc dentelé d’or, puis glisser, ou frémir sur le carrelage, et se nouer à ses doigts de pieds. Manon est petite, danseuse, chaussée de talons-aiguilles imaginaires et porte un monde qui n’est pas le sien, c’est moi.

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Chasseur

La stratégie du miroir (ou l’art de l’ennui en pleine tempête)

Mon front bercé, écervelé, il a deux poches d’yeux sous le menton ; ton nom sous eux, trop proche, les a sali, il est tombé le cil qui me faisait pleurer. Tu pleus, laissée en ville et béton, seule. Ça le valait quand même, mes trois petits rires que tu as croqué. Ils avaient le goût de rien, ça ne devait pas être mauvais. Ça, ça ! Avaler, tes « M », étroit empire tout crotté, ils piquaient mon « N » mollassonne. Ça n’avait pas l’air de me lover. Lever, mes deux râles happés avaient asss… Assez de toi, ouatée d’haine. Aîné des toits, le nez chahuté et tricoté par la poussière d’un nuage, j’ai eu un dernier sou à la râpe et ton cri ému hache et mes doigts et les. Les. Les je-ne-sais-quoi de la bave que tu as laissé dans mon oreille. Au réveil on en descella du dégueu malade de voix sèche, un nez gèle.

D’un mot à l’autre

Un esprit ceint dans un corps saint convoitait corset corse sur son coussin. L’écorce de ces seins saignant ses cinq sens, il signa en silence un sceau d’abstinence sur son sain pénis, mise en scène presque obscène d’un sexe sans Seine. Ses cils de lys blancs, censeurs et sans heurts se turent et surent. Cent heures coulèrent et les senteurs de l’ire salirent ses pensées pourtant presque pansées. Son cœur aux couleurs sensibles chuta en son estomac acide et s’asphyxia céans, cédant aux bizarreries d’un amour sans cible.
2009