Âpnée / fragment 11

Bisou durant mon sommeil, au bord de l’œil, l’infime percée du jour dans la nuit.
Bisou sous l’oreiller pour quand je le retourne, en sueur de ton absence, bisou tout frais.

Je rembourre les murs, les trous dans les murs, d’autant de futurs que nécessaires.
Je m’éclaire d’une bougie par jour de retard.

Nous te construisons une cathédrale, et tu l’ignores ?
Ton arrogance divine, ton innocence, ta saleté d’omnipotence que beaucoup nomment absence, à vomir ! à vomir ! tout ceci nous a fait créer tes sœurs démones, viles voleuses d’âmes. Nous avions trop bu, mais trop tard. Maintenant que leurs statues sont là, des membres du culte leur vouent une haine – soyons honnête – rafraîchissante.
Nous avons alors décrété que la journée du samedi était désormais dédiée à la détestation de tout ce que tu es. Cela nous apaise grandement : le soir nous mangeons comme quatre et dormons comme personne.
Aucun regret. Le principe même du culte est de se débarrasser du culte ; par en haut ou en bas, qu’importe.
Tu n’es pas la finalité, sale déesse ! Tu es le point central de l’explosion originelle. Et nous sommes les débris dans l’espace frigorifique.
Quelque chose viendra bien nous tuer avant toi.

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