25 octobre 2016

Nous sommes avec M. en week-end dans un endroit avec des canaux et des marais. Je suis la plupart du temps malade et alité. À un moment, nous partons en balade en bateau dans les marais. Sur un radeau, je vois un enfant qui appelle à l’aide, puis tombe à l’eau. Je crie, puis je saute à l’eau pour le chercher mais je ne le trouve pas. Personne ne l’a vu ni entendu et je suspecte un grand complot.

1. Je travaille temporairement comme éclusière afin de :
a. montrer à ma petite amie que je suis une personne responsable
b. écrire des histoires dans une petite cabane
c. boire des bières dans les vergers voisins
d. gagner de l’argent, c’est-à-dire des consentements virtuels

2. Le tunnel de fuite d’une écluse se nettoie une fois par jour au printemps, deux fois par jour à l’automne, et peut contenir :
a. des agglomérés de feuilles de platanes
b. des morceaux de poissons
c. des cannettes de Coca-Cola
d. des verres Mc Donald
e. des bouteilles de whisky
f. des ventres de ragondins

3. J’écris une histoire sur :
a. le diable et son chien
b. M. et moi
c. mes collègues de travail

4. Je refuse :
a. l’apéro avec mes collègues de travail
b. le déjeuner avec mes collègues de travail

5. Je ne suis jamais malade sauf :
a.
b.

6. M. est :
a. la première personne au monde à m’avoir réellement aimée
b. la seule personne au monde à m’avoir réellement aimée
c. l’enfant qui se noie
d. l’instigatrice du complot

7. L’existence ou la non-existence du complot est :
a. un moyen détourné de me renvoyer à ma solitude
b. un appel à l’aide d’une personne que je ne connais pas
c. une porte

8. Le radeau est constitué de simples rondins de bois noués entre eux.

9. La flore est trop dense et exubérante pour que nous nous trouvions dans le sud-ouest de la France.

10. J’ai reçu de la part de certains touristes :
a. une pièce de deux euros
b. des chocolats à partager avec mes collègues et que je n’ai pas partagés
c. rien

Les poissons-chats sont des êtres gigantesques capables d’avaler en quelques bouchées des ragondins, eux-même capables d’avaler en quelques bouchées des chiens et des chats de petite taille, eux-mêmes capables d’avaler en quelques bouchées des nonos et des pâtées royales de qualité extrêmement médiocre.
Le roi des océans, dans toute son immaturité, a choisi celui à la plus longue moustache pour en faire son carrosse, il est à peine âgé de huit ans et depuis la mort précoce de son père règne sur le plus grand territoire terrien connu à ce jour, plus grand que la Russie et plus grand que n’importe quelle bite et n’importe quel sabre.

Le roi des océans a des coquillages à la place des
yeux-de-X-me-regardant-dans-les-yeux
quand il neige sur son royaume
est-ce des larmes ou des cendres
ou encore les ailes des poissons
broyées par les airs et les voix
les moulins que franchissent les bateaux

Les maisons à l’envers ressemblent à des chapeaux dans la boue.

Le roi des océans habitent trois fois dans sa tête, c’est-à-dire le jour, c’est-à-dire la nuit, c’est-à-dire seul.

Il a élu au rang de grands chevaliers des arts et des lettres les plus rutilantes cannettes de Coca-Cola que l’éclusière n’a pas réussi à voler pour son compte.

Le sang commence plus fin qu’un goutte-à-goutte et se termine dans le grand delta. Aucun aller-retour. Les saumons ont toujours été bleus.

La princesse et le principe
se constellent seulement dans le ciel
en vingt points dont trois absents

Rêves & Interprétations / Dub, Remix & Megamix

Durant le premier confinement du printemps 2020, je décidai d’utiliser mon carnet de rêves pour en sortir quelques textes que, comme un rêve, je ne comprendrai pas, mais tenterai d’étirer plus loin qu’eux-mêmes, plus loin que moi.

Je note régulièrement mes rêves, mais  je ne les utiliserai dans ce nouveau projet qu’après plusieurs années, le temps qu’ils aient bien pris racine, je ne sais où.

Bon voyage nulle part.

Âpnée / fragment 97

la main ouverte sur des graines d’or
tu attends
comme l’amoureuse sur un quai de gare
le regard sur l’horloge
les oiseaux en retard

ils sont restés en haut de l’arbre
et tu as retourné ta main
face contre terre
et tu as vidé ta main
de ce qui, tu croyais, se trouvait dans ta main

tu es rentrée boire ton café
tu t’es assise près de la fenêtre
et tu as regardé les oiseaux ingrats
descendre des arbres
et picorer les graines
éparpillées dans l’herbe

tu as pleuré et encore tu t’es servie de tes mains
jusqu’à la boue
tes mains plus lourdes que les eaux vertes du vieux puits

toi qui ignores tout langage
pourquoi parles-tu
à ceux qui ignorent tout langage

ouvre plus encore ta bouche
jusqu’aux cataractes du second monde
et oublie sans crainte
tout ce qui ne vole pas
oublie les mots qui t’ont été adressée
et qui disaient
blablablablablablabla
et laisse tes mains sur le parvis

Âpnée / fragment 96

ai-je déjà fui ?
non tu te moques !
Mais tu déplaces ta main sur la symétrie absurde du soleil
et tu es plus imbécile encore que
le vent ou les oiseaux ou les murmures

Va jouer des doigts au pays des ombres
et des visages fins
aucune lumière ici n’est projetée
sans feu

Âpnée / fragment 95

viens à moi tendrement
sur des eaux douces de salive
et éteins au creux de mes jambes
l’idiote lumière
de ta main

dérobe ma robe et fuis
que je sois nue à attendre
sur le carrelage froid
samedi soir
paume de main crispée
à toi
samedi prochain

Âpnée / fragment 94

et tu ignores même si tu attends
la nuit lorsque tu fumes jusqu’au
souffle au cœur

personne ne t’a dit : demain
et tu comptes les heures d’un sablier renversé

tout le monde dort
mais chez toi le marchand de sable ne passe plus
tu n’as plus rien pour payer

CIément / fragment 61

Cela fait trois jours que Marianne et moi marchons dans les arpentums de l’acolosse, sous le chat-grain parfois, moissant les vireines et laissant fondre leur doux-blanc sous la langue, trois jours à se tracer la peau, à oublier le monde, à oublier les choses, à manger des asters et boire des écailles jusqu’aux afflots. Vilevoler en silence tandis qu’inviles nous sonarisons et hurlons nos éluhans.
Marianne éblue par vant-et-vers et moi j’en déréduis, j’ous du premier mot, ous, qui est aussi la première lettre, et j’essaye de parler la langue de Petit-Bourg-les-Neiges.
Souvers les essantes, Marianne aousse et tubule. Mi j’enrâme ses esfiles, j’élause les ébouts et j’élause amo-hé chaque vat, mais éviée par siam et par scion, je filouche sur des barberins. À lou serré, en un dérivers inextrême, Marianne s’énissime et m’effouille dans les corches. Azurine ! j’ous casurin. Oussais-mi, Marianne ? Meta oussais-ti ? Marianne carrousse et se vélante : ulyssons ta carape pour que je te juliette, ça doucera le mimi de cerfant. Quasi at fitou azur.

L’espilion de restance en un saule se trinte. Neo oussons tou quarambe, halcinés, meta mi, meta fiols et lamités. Un celsior de rapille, ous Marianne, j’enquois des trémonds et neo cani la soulevante, destions.

L’estuaire tout de gorges percées se jette dans la confusion.
Les corps sont des flûtes. Les gens les habillent et les notes sont des cris.

Nous longeons l’autoroute par le no man’s land. J’improvise :
Ja parlo la languo da Sal qua sa canstroé sar la baso vacollequa « a-o-é ». Ta panso qua ç’a passobella? Marionné ?

Âpnée / fragment 93

aujourd’hui c’est la fête de Ji et alors nous devons marquer toutes les pierres du chemin menant au temple, c’est-à-dire, selon les mots de Waha, poser la main sur le front, saisir une pierre imaginaire à l’intérieur de son esprit puis marquer la pierre sur le chemin avec ses initiales
Waha m’explique que mes initiales sont très proches de celles de la déesse Ji, et qu’ainsi aujourd’hui doit être pour moi un jour plus important qu’il ne l’est pour les autres, et que je dois prendre une attention toute particulière lors du marquage des pierres
de chaque pierre

en temps normal, le temple n’est pas très loin
avec Waha, nous mettons une dizaine de minutes pour le rejoindre
le seul véritable obstacle pour rejoindre le temple est une mince rivière où les enfants jouent en été
Waha dit qu’il faut faire attention mais j’en doute un peu car j’ai déjà vu des chats la traverser
mais le jour de la fête de Ji
il faut partir quelques heures avant l’aube pour espérer rejoindre le temple avant le soir
et à cette époque encore, la rivière se réveille parfois gelée

Waha me rappelle quelles sont les pierres capables de recevoir la marque
elles ne doivent pas être plus petite qu’un cœur de nouveau-né
ni plus grosse qu’une cervelle d’élan
pour les miens, l’univers a été créé par la pensée d’un élan
Waha explique encore
la souffrance humaine ne peut être supportée par un être plus petit qu’un cœur de nouveau-né
Waha tend la bougie vers moi et montre une pierre plus petite qu’un cœur de nouveau-né
si tu marques cette pierre, toi pourtant si jeune et si pure
la pierre mourra
essaye si tu veux
je dis non
je dis non car il y a assez de véritables pierres comme ça et nous ne sommes même pas encore sorties du jardin
le soleil se lève et Waha me tend un morceau de pain à la banane
je suis déjà fatiguée mais c’est la première fois que je peux participer à la fête de Ji alors j’essaye de ne pas le montrer à Waha
et c’est un jour important pour moi
je porte la moitié du nom de la déesse Ji
patience

Âpnée / fragment 92

des grelots d’argent sont accrochés
sur les plus hautes branches des pommiers en fleurs
et sur les branches à hauteur d’homme
flottent les prières en papier

c’est Waha qui me soulève
pour que j’accroche moi aussi
ma prière en papier sur une branche de
l’arbre de mes aïeux

au pied d’un autre pommier
une autre petite fille
dans les bras de sa Waha
accroche sa prière en papier sur
l’arbre de ses aïeux

les grelots d’argent ressemblent
à une pluie de soleil
comme s’il pleuvait mais
sans une seule goutte d’eau
seulement la douce sensation d’un
flic
floc
au ras de la peau

Waha me repose par terre
attrape ma main et
nous rentrons au village sans dire un mot

CIément / fragment 59

Le sel la nuit, 2ème chant accompagné d’un chœur

courir le silence et frôler
parfois frôler de mon ombre l’étoile
arracher la fleur sans odeur
la broyer, s’en parfumer
et retourner courir le silence

vapoter des mueslis et de la brioche dorée
courir et pisser du sang, découvrir
les parois du labyrinthe de verre
souffler le feu au dos de tes encres
et par toutes les bâtardises qui formeront ta forme
trahir le noir de la nuit

Toustes se moquèrent car Juliette avait mélangé les couleurs comme une maternelle. C’est moche, c’est du vert caca-d’oie. Tu voulais pas faire du vert caca-d’oie quand même ?
Honteuse et humiliée jusqu’au plus profond de son âme d’artiste, Juliette attrapa et ajouta à son dessin toutes les couleurs qui lui tombaient sous la main jusqu’à obtenir le plus dégoûtant des noirs.

le bâtard de toutes mes biles
et tant pis si je cours le silence
et tant pis si je m’oublie à te chercher

Il y avait autrefois dans la bouche de Juliette deux langues, et sa bouche était close. Inexistante. Le sourire, ses variantes et ses dérives n’avaient pas encore été inventées.

je suis bâtie de pièces vides, de chambres clouées par des poutres où il est interdit de rentrer
où le vent siffle bien sûr, ou ce qu’on appelle le vent, c’est-à-dire le vide qui s’agite

Et autour de ses doigts il y avait d’autres doigts, qui ensemble formaient un poing solide et léger à la fois, creux et mystérieux à l’intérieur.

mon poing si je le ferme
rien ne peut s’y blottir sans étouffer
que mon sexe cabossé mais fidèle

CIément / fragment 58

365 jours de Sel, extrait

19 –
Sel,
Chaque nuit où je ne rêve pas de toi, je me réveille en sursaut
je retourne ma peau devenue trop chaude
et je pose une main ouverte sur le lit
pour recevoir l’astre lorsqu’il tombera
si tu te réveilles en sursaut.

CIément / fragment 57

Je m’endors sur le canapé et me réveille sur le carrelage. Une porte s’est ouverte et c’est Margot qui apparaît dans le couloir. Elle sort de la chambre d’amies et j’avoue être un peu déçue, j’espérais vraiment que Julien ait installé ses quartiers dans la salle de bain, quitte à ne plus me brosser les dents pour les jours à venir. Lorsque je découvre que Margot est nue, je fais semblant de dormir. J’ai de longs cils qui me permettent en toute circonstance de faire semblant de dormir. Par exemple, au jeu du Loup-garou, je suis une excellente petite fille.
(Mais il faut avouer ici que mes cils sont faux : lorsque je n’étais encore qu’un bébé, ma grand-mère les coupa aux ciseaux durant mon sommeil afin d’en stimuler la croissance, et ils poussèrent ainsi jusqu’à paraître vrais, jusqu’à faire croire à quiconque que je dormais lorsque je faisais semblant de dormir.)
(Aujourd’hui ils tombent, et il n’y aura bientôt plus de garde-fous pour veiller sur le château la nuit.)
Margot marche jusqu’au fond du couloir, ouvre la porte des toilettes et s’assoit pour faire pipi. Je l’observe avec attention. J’observe les lumières et les ombres exécuter des figures très précises sur son corps exact. Comme en concours de gymnastique, les figures semblent des figures imposées, mais lorsque genoux, bras et têtes se relâchent et ensemble se tressent, je vois le corps éteint dans sa beauté définitive, et je déglutis en silence.
Ensuite Margot retourne dans la chambre d’amies. J’ouvre les yeux. J’attends quelques minutes puis je vais me brosser les dents.

Âpnée / fragment 90

me rappeler de ce jour où nous étions
toutes deux nouvelles et naïves
avant le premier philtre et le premier sort
m’en rappeler pour la première fois
sans rien savoir de nous
et sans encore de tache sur l’évidence
– oh combien je la tordrai
l’évidence
chaque soir qui viendra alors sans toi –
m’en rappeler sans plier en quatre et brûler ce morceau de papier
sans invoquer les démons
sans amour, t’aimer
m’en rappeler sans apprêt
sans mémoire et sans certitude
et n’en écrire jamais un seul mot

CIément / fragment 53

365 jours de Sel, extraits

17 –
Sel,
Je crois que tout t’intéresse et je crois que tu es capable de tout faire. Je crois que la peur ne t’effraie pas ; je crois qu’elle surgit en toi lorsqu’il est trop tard.
Selon moi, tu es un très mauvais oiseau, mais en tant qu’humaine, tu es parfaite.

18 –
Sel,
Il existe dans toutes les langues une infinité de mots secondaires. Plus précisément, il en existe une infinité moins un, et cette infinité moins un de mots secondaires est la longue très longue description du « un » restant – toi – au total égal à tout.

Âpnée / fragment 89

#1-04

Toutes les faces
de la pierre extraite de la bouche
étaient sculptées
ce qui semblait plaire au chacal

Je vomissais le fleuve immobile
et les premières couleurs du lotus
éclataient

Le serpent fouillait en moi
allait puis venait
et chaque fois qu’il sortait
je sortais un peu plus moi aussi

Le chacal examinait les pierres
et semblait satisfait

Il effaça sur mon front
le cercle d’allégeance

Le serpent était mort
et jusqu’à la fin du lotus
j’étais libre

Âpnée / fragment 88

Je voudrais dire pardon pour toutes les fois où j’ai besoin de m’asseoir et de te regarder pendant des heures sans avoir rien à te dire
car à ce moment je suis vide
je me vide très vite
en une nuit parfois
pour des mois

Parfois je m’éveille
c’est-à-dire que je ne dors pas et que je me souviens de ce qui est bon pour moi
par exemple la douceur des fleurs
par exemple la douceur de ton regard qui regarde les fleurs dans les arbres

Il y a tellement de choses que je n’ai jamais vu comme
par exemple la douceur de ton regard qui regarde les fleurs dans les arbres

j’aimerais te dire : je ne sais pas du tout quel est cet arbre
mais il me plaît, il est très beau
et j’ignorerai tout à fait s’il est beau ou pas
je ne saurais même pas quel est cet arbre

il me tarde de te dire un jour
je n’ai absolument aucune idée de qui est cet arbre

Âpnée / fragment 87

Cas pratique n°18 : Se réveiller après la mort

Commencez par vous étirer de haut en bas afin de retrouver vos proportions habituelles.
Remuez ensuite les épaules et le bassin jusqu’à faire tomber à vos hanches la corde de sécurité.
Retirez les étiquettes de prix s’il en reste ; les échanges ne sont plus possibles.
Ouvrez la porte.
Sortez.
Dites bonjour et souriez.
La personne face à vous n’est pas Ishtar.
Demandez-lui son prénom.
Écoutez-le attentivement et ne le volez pas.
Trouvez-vous un prénom.
Ne le révélez à personne.
Trouvez-vous un autre prénom.
Souriez.
Dites quelque chose et souriez.
La personne face à vous n’est pas Ishtar.

Âpnée / fragment 86

J’ai ramassé sur la plage des couteaux
j’ai chié dans le sable
j’ai pas écrit ton nom
j’ai jeté les mégots

j’ai coupé du papier
j’ai coupé des journaux
j’ai petit-déjeuner
j’ai pas pied
j’ai menti j’ai pas bougé du lit

Âpnée / fragment 85

Ce matin encore, comme chaque matin, je voudrais te dire je t’aime. Je voudrais te dire il pleut il fait froid, restons au lit, regardons Les animaux de la 8, buvons de l’eau et racontons-nous des histoires.

Nous arrivons au marché un peu tard et il nous faut courir au fromager avant qu’il ne ferme boutique.
De retour à la maison, nous mangeons des tartines de chèvre et de miel et une salade fourre-tout picorée au jardin : des pissenlits, des fleurs de capucine, de la mâche et de la sauge.
Après manger, nous partons dans la montagne avec nos chiens. Nous nous arrêtons au pré des vaches, ou nous nous arrêtons à la maison du berger, ou nous nous arrêtons au lac aveugle, puis nous nous allongeons dans l’herbe et je te fais la lecture, ou selon le jour ou l’envie, c’est toi qui me fais la lecture. En redescendant, nous ramassons quelques champignons (mais je n’aime pas les champignons, et peut-être que toi non plus après tout ; peux-tu me dire dans les commentaires si tu aimes les champignons ? Si tu aimes ça, nous ramassons des cèpes, et en rentrant je les fais poêler avec un peu d’ail et de persil).
Ton atelier se trouve au fond du jardin derrière le micocoulier. C’est une ancienne serre dont nous avons refait le toit. Parfois, depuis la fenêtre de mon bureau, je t’observe lorsque tu tannes le cuir ou forges le fer, j’écris des histoires sur toi. Par exemple j’écris ceci : nous habitons toi et moi et nos chiens au bord de l’océan. Tous les matins nous restons au lit. À midi, nous courons au marché pour acheter du poisson et nous le faisons frire avec un fourre-tout d’herbes picorées au jardin. Ensuite nous partons à la plage faire des trous géants dans le sable. Sur le chemin du retour, nous ramassons des oursins et des couteaux (de mon côté, je n’ai jamais goûté, mais peux-tu me dire dans les commentaires si tu aimes ? ).
Ton atelier se trouve au fond du jardin derrière les bougainvillées. C’est un ancien phare dont la lampe ne marchait plus et que nous avons réparée. Parfois, depuis la fenêtre de mon bureau, je t’observe lorsque tu peins l’horizon, et j’écris des histoires sur toi.
Je t’aime je t’aime je ne sais plus comment le dire je t’aime je t’aime et je suis heureuse lorsqu’une image exacte de toi apparaît dans mon esprit je t’aime je t’aime et je m’en fiche d’écrire n’importe quoi tant que je suis un peu avec toi je t’aime je t’aime je t’aime je t’aime je t’aime et je ne suis pas fatiguée d’écrire des histoires sur toi mais je suis un peu fatiguée d’écrire des histoires sur toi je t’aime je t’aime je t’aime et n’oublie pas de répondre pour les champignons les oursins et les couteaux.